Une lettre d’amour décousue à Bobby McFerrin

En ce moment je me replonge dans les vidéos live de Bobby McFerrin, certainement pas avec le même émerveillement qu’en les découvrant il y a onze ans, mais avec émerveillement tout de même. Je reviens à la source de ma passion pour l’improvisation a cappella, je m’extasie encore de ses pirouettes, je ris à ses pitreries, et j’ai toujours ce sourire de joie enfantine qu’il sait si bien accrocher à mes oreilles. Alors j’ai envie d’écrire quelques lignes d’hommage, d’autant qu’on a finalement très peu parlé de Bobby sur ce site, alors même que chant pour tous n’existerait pas sans lui.

Je commence par ma « rencontre » avec Bobby en 2010 alors que le chant et la musique étaient déjà au centre de ma vie. La première fois que je l’ai entendu, c’est un ami qui m’a fait écouter sa version de « Blackbird ». J’ai admiré la prouesse, mais j’ai trouvé ça un peu bizarre et je n’ai pas été touché esthétiquement… Je suis donc passé à côté, jusqu’à ce que quelques temps plus tard je tombe par hasard sur cette vidéo-ci (désolé la qualité est dégueulasse mais encore aujourd’hui c’est de loin ma version préférée de ce morceau) :

What the f…? J’ai enchaîné avec à peu près tout ce qu’on pouvait trouver de lui sur YouTube et ailleurs, en me repassant certaines choses en boucle encore et encore, avec un appétit sans limite, comme si mon être ne demandait qu’à absorber autant de Bobby que possible. Cette cure de Bobby a duré environ six mois avant de commencer à s’atténuer. Pendant ce temps j’ai repiqué et appris tant bien que mal quelques morceaux (notamment « Drive », « Smile » et « Sweet home Chicago », pour les connaisseurs), j’ai plongé dans l’improvisation (que je pratiquais déjà mais peu et de façon plutôt récréative), découvert l’improvisation a cappella, avant de bientôt lancer un groupe, des ateliers, et bien sûr chant pour tous en 2012, tout ça inspiré à 90% par Bobby. La suite vous la connaissez probablement : l’impro a cappella est devenu ma passion principale, mon métier, j’ai été au stage annuel de Bobby aux USA et j’ai fini par faire partie des intervenants de ce stage ! Bref Bobby a transformé ma vie et je n’ai clairement aucune objectivité à son sujet.

Vous êtes-vous déjà posé devant (ou à) un concert de Bobby ? Si oui vous partagez peut-être mon impression qu’on n’écoute pas un de ses concerts comme on écoute habituellement de la musique. Ce que personnellement j’aime le plus dans la musique, que j’aurais bien essayé de décrire mais je sens que ça va me prendre la tête, je ne le trouve généralement pas chez Bobby. Ce n’est pas lui que j’écoute quand je veux transcender mon âme (même si cela peut m’arriver aussi avec lui). Mais je peux l’écouter quand je veux danser, quand je veux quelque chose de lumineux, facétieux, direct… Et surtout je regarde (ou vais à) ses concerts quand je veux vivre cette expérience unique, quelque part entre le spectacle, la performance, le concert participatif, la comédie, le laboratoire, la messe et le voyage initiatique. Si possible sans attente, car j’ai observé que Bobby est très rarement là où on l’attend.

Ça m’est arrivé une fois, qu’il réponde à toutes mes attentes, à l’époque où j’en avais encore à son égard, en 2011 à la cité internationale à Lyon. C’était la deuxième fois que je le voyais sur scène (je l’ai vu cinq fois en tout sans compter ses concerts à Omega), et c’était exactement le concert de mes rêves (celui dont vous ne saviez pas tout à fait à quel point vous en rêviez). Il était seul sur scène. Il a chanté tous mes morceaux préférés sans exception, il a improvisé en solo, avec le public, il est descendu dans le public, a invité le public sur scène. Pour les connaisseurs c’était un peu comme le live à Montréal de 2005, moins spectaculaire mais plus intime et chaleureux. Et pour dire à quel point il devait être de bonne humeur, il a accepté de chanter un refrain de « Don’t worry be happy » (ce qu’il n’aime normalement pas faire) après qu’en guise de rappel il nous ait dit « Est-ce que vous avez des questions ? »… Ce soir-là j’ai même fait mon premier duo avec lui sur le rebord de la scène.

J’ai eu beaucoup de chance et je ne suis pas près d’oublier ce concert, mais tout le monde ne peut pas en dire autant. Ô combien de fois ai-je entendu des gens déçus par un concert de Bobby ! Presque à chaque fois il me semble que les gens espéraient le genre de concert que je viens de décrire, et que Bobby a fait complètement autre chose. En duo avec Chick Corea à ne presque pas interagir avec le public, ou avec un groupe de reprise de spiritual sans impro a cappella, par exemple. Personnellement je l’ai aimé à chaque fois, mais parce que je savais ce que j’allais voir, et tout le monde ne suit évidemment pas comme moi la moindre de ses actualités.
Plus récemment, j’ai entendu beaucoup de gens déçus ou attristés de voir Bobby diminué physiquement. Il ne court plus sur scène comme il y quinze ans, vocalement il est moins virtuose et souvent moins précis. A mon avis cela s’explique d’une part par ses 71 ans (il est né le 11 mars 1950), d’autre part par des problèmes de santé sur lesquels il a choisi de ne pas communiquer publiquement. Je regrette souvent qu’il ne l’ait pas fait, car j’imagine qu’à défaut d’empêcher la tristesse, cela aurait pu rendre les gens plus compréhensifs et bienveillants à son égard.

Moi aussi je suis parfois triste, tant je l’aime, de le voir si fatigué. Mais jamais je ne regrette son énergie d’antan, dont je peux me remplir n’importe quand en regardant les heures de live qu’on trouve dans ses DVD et sur YouTube. Et j’ignore à quoi c’est dû, mais le Bobby d’aujourd’hui a aussi une qualité de présence bien particulière qui m’a plusieurs fois emmené dans des espaces complètement inconnus et incroyables. Je me souviens de plusieurs moments à Omega en 2019, dans la lenteur, la douceur, avec son regard qui a l’air de venir d’un autre monde, il nous a conduit dans des circlesongs qui ont complètement fait bugger mon cerveau et transporté mon âme.

<paragraphe de transition que j’aurais aimé écrire, qui allège et dynamise progressivement le ton, car mon dieu comme j’ai honte de la structure et du rythme de cet article>

En me replongeant dans ces vidéos, entre autres choses je suis une énième fois frappé par sa virtuosité. En termes d’agilité mélodique, je me dis qu’il a quand même été tellement loin, et si loin de là où s’arrête à peu près tout le monde que je doute que grand monde mesure la difficulté de certaines de ses phrases. Ne serait-ce que chanter à peu près les mêmes notes, au même tempo et à peu près en place, c’est un cauchemar, lui il ajoute à ça une précision et une justesse remarquable, du groove, mais aussi un timbre soigné et unique, des nuances et de la vie. Et là je ne pense même pas aux choses qu’il a écrites et répétées, mais à certains passages complètement improvisés. Franchement les chanteurs et chanteuses, si vous ne l’avez pas vraiment fait je vous suggère d’y prêter attention à l’occasion. Ecoutez-le et imaginez-vous chanter ce qu’il chante en temps réel, juste ça. Juste en faisant ça j’ai l’impression de littéralement suivre une master class et progresser en conséquence.

<un ou deux autres paragraphes pour équilibrer les parties, qu’on ait l’impression d’avoir bien mangé, et pour ne pas que la conclusion soit aussi abrupte>

Et puis je suis rempli de gratitude, évidemment, en particulier pour ce qu’il a apporté au monde avec les circlesongs. Il y a ceux comme moi dont Bobby a changé la vie, mais il y a aussi tous les gens qui trouvent du bonheur dans les circlesongs, à quel niveau que ce soit. Tous ces moments de joie, de beauté, de communion, qu’on a vécu en improvisant en cercle, et toutes ces petites communautés dispersées en occident, c’est grâce à Bobby les amis.

J’ai recommencé une playlist « Bobby McFerrin Live » sur YouTube, si ça vous dit. Vous y trouverez des vidéos que vous avez sûrement déjà vues et que vous pourrez passer si vous n’avez pas envie de les revoir, mais aussi j’espère plein de perles que vous ne connaissez pas encore.

Et si vous avez l’élan, partagez en commentaire un passage de votre propre histoire avec Bobby !

Bertsolarisme ou l’art de l’improvisation poétique chantée

Ce mois de mars aura eu l’intérêt de voir venir le printemps et le changement d’heure pour préparer l’été. Mais il aura aussi fallu accuser le coup des nouveaux confinements par département, et d’un horizon à nouveau sombre pour toutes les pratiques de chant collectives.

Il n’empêche, j’ai envie de rebondir sur l’article de Jess du mois passé : l’improvisation poétique (avec des mots compréhensibles), et d’aiguiser notre curiosité à explorer une pratique tout à fait corona-compatible ! =)

J’ai emménagé au Pays Basque, et je découvre ici une culture locale forte et riche de ses traditions. Entre les danses et les musiques instrumentales, il y a aussi cette pratique d’improvisation poétique chantée : le Bertsolarisme (ou Bertsularisme, ou Bertsolaritza en basque), dont j’aimerais vous parler.

Dans l’histoire de l’humanité, les traditions d’oralité étaient nombreuses. La « parole vive » a pris les tons et accents de tous les patois et dialectes ruraux.

La « langue française » aurait-elle inspiré un style plus écrit ? C’est bien possible. Et j’ai même envie d’en développé l’idée : c’est ce cher Napoléon qui imposa la langue française sur tout le territoire, en interdisant la pratique de tout autre dialecte. Et cette langue officielle, la langue d’oïl, était bien une langue pensée pour et par l’écriture : langue royale puis juridique et administrative pour les pays occidentaux.

Est-ce pour cela qu’il semble si inconcevable de mal parler le français ?
La gêne qui m’envahit quand je tente une improvisation avec des mots viendrait-elle de là ?
Bizarrement, je m’amuse souvent à faire du yaourt en anglais, mais une petite voix intérieure m’interdit l’accès à ce plaisir quand il s’agit du français…

Alors qu’est donc ce Bertsolarisme ?

Une pratique d’improvisation de poème chanté, en euskara, c’est-à-dire en langue basque.
Cela se rapproche du théâtre d’impro : un chanteur, on lui donne un thème, 3 secondes pour réfléchir, et c’est parti ! Pour la mélodie, le chanteur va choisir parmi un répertoire de mélodies traditionnelles. Et pour les paroles, la seule contrainte, c’est de faire de belle rime !

C’est tout l’intérêt de parler basque, car dans cette langue la terminaison des mots va pouvoir s’adapter plus facilement que ce que nous connaissons en français.

Un exemple ? Déjà, il n’y a pas de genre, masculin ou féminin, pas de différence. Ensuite, l’article défini « le » ou « la » va donner la terminaison « a » à la fin du mot, et « les » donne « ak » :
chant = kantu ; le chant = kantua ; les chants = kantuak

– Chant pour tous = Denentzat kantua –

Allez ! Un exemple concret ! Je vous propose cette vidéo où vous pourrez voir l’engouement populaire de ce type d’événement [sous-titres dispo dans les paramètres] :
https://www.youtube.com/watch?v=mA4QdBRFM7c

Pour aller plus loin, un super article sur le sujet : https://www.euskonews.eus/0056zbk/gaia5608fr.html
Et les sites officiels www.etxepare.eus et www.mintzola.eus

Je vous invite maintenant à expérimenter ça entre vous ! Parce qu’il faut savoir qu’il y a des écoles de Bertsolarisme, ici, au Pays Basque. Ça se travaille !
Joyeux printemps à tous ! Très belle pleine lune !
Je vous dépose tendrement entre les mains de Gaël pour ce mois d’avril !
Aurélien !.

N’ayons pas peur des mots !

Chers lecteurs,

On ne va pas se mentir, j’ai de la difficulté à trouver de l’inspiration dans l’actualité de Chant Pour Tous, tant celle-ci est en suspens. Mais vais-je me laisser silencier par la morosité qui a tant la côte ces derniers mois ? Que nenni ! Aujourd’hui, j’ai envie d’écrire des mots. Non, pas vraiment. J’ai envie d’écrire à propos des mots. Plus précisément de la place que l’on laisse aux mots dans un contexte d’improvisation. 

Dans les milieux d’improvisateurs que je fréquente, rares sont les individus que j’ai entendu improviser en utilisant des mots plutôt que du langage imaginaire ou des onomatopées. Moi-même, j’ai mis un moment à passer le cap, et ce parce que j’avais pas trop le choix dans le contexte, et ceux qui y ont assisté se rappellent peut-être de la montagne que ça a pu représenter pour moi à l’époque. Et je ne le fais toujours pas souvent.

Cette semaine sur la page Facebook de Chant pour Tous, j’ai proposé une exploration sur du langage parlé, avec une phrase pré-existante (retirant ainsi la difficulté d’avoir à réfléchir à ce qu’on va dire) et vous avez été environ zéro virgule zéro à participer. Un record :D. Alors peut être que la phrase ne vous inspirait pas, ou peut être que c’est autre chose.

Alors si, parfois on assiste à des impros avec des mots, mais souvent, on est dans le registre du comique, et on se retrouve avec des  boucles et solos qui parlent de saucisses, de chaussettes, de rhododendrons et de vers de terre. (non, je n’ai rien inventé ). Et c’est dont ben l’fun (à lire avec un accent québécois ) 

Mais voilà, moi ça me questionne pas mal.  

Pourquoi une majorité de gens semblent éviter les mots ? J’ai une série d’hypothèses :

  • Première hypothèse : c’est dur ! Il faut réfléchir et inventer ce qu’on dit en même temps qu’on chante, et c’est une compétence sur laquelle on a pas tous envie de se risquer.
  • Seconde hypothèse : Ca coupe la fluidité pour certains : dans l’impro, beaucoup cherchent du lâcher prise, et de mettre des mots les oblige à trop mentaliser, leur faisant perdre en partie le plaisir du moment.
  • Troisième hypothèse (ma préférée) : c’est trop dangereux émotionnellement, ça nous met dans une situation de vulnérabilité potentielle. On doit s’exposer et dire pour de vrai. Alors oui, quand on parle de saucisse tout va bien, les rhododendrons, on s’en sort encore, les chaussettes c’est la fête, mais faudrait pas se laisser aller à ce qu’on entrevoit un bout d’émotion verbalisée. En utilisant du langage imaginaire, on peut toujours prétendre que l’autre en face a mal compris le message que l’on voulait faire passer. Avec des mots, on peut moins s’échapper. Pourquoi se risquer à dire “je t’aime” quand on peut dire “poum ba wa” ? Pourquoi dire “je me sens triste” quand on peut dire “yiloulay” ? Loin de moi l’idée de vouloir généraliser, et je me doute que certains lecteurs sont des fervents défenseurs des “ani-mots” . Ils arrivent à s’épancher sans pudeur sur leur états-d’âme les plus profonds quand il chantent, mais je n’en ai pas souvent croisé, et j’adorerais ,car je trouverais ça très inspirant.

Alors voilà, je le dis, je le proclame, n’ayons pas peur des mots ! 

Oui, je sais, on peut faire passer plein d’émotions sans eux, mais avec eux aussi !  Les mots d’amour, les mots d’humour aussi ! Les mots de joie, les mots de peine, les jeux de mots… Les mots sont nos amiiiis, il faut les aimer aussi.

Et vous ? Vous improvisez avec des mots des fois ? Pourquoi ? Comment ? C’est facile?  difficile ? Vous nous montreriez vos impros avec des mots ? 

Jessalynn

Appel à jeux d’improvisations vocales et corporelles !

Vous l’avez peut-être vu, ce mois-ci j’ai eu envie de nous encourager une fois de plus à chanter seul.e.s chez soi avec une petite série de vidéos de jeux d’improvisations vocales et corporelles. J’ai pris énormément de plaisir à me filmer en train de jouer et à partager cela sur la page facebook Chant pour tous. Et… je me suis dit que, peut-être, certain.e.s parmi vous auraient aussi l’âme joueuse et se sentiraient l’élan de proposer des petits jeux en vidéo à partager sur la page !

Je lance donc un APPEL !

Toi, oui toi, qui aime chanter, bouger, improviser. Toi qui a plein d’idées de petits jeux d’improvisations vocales et corporelles et a cappella. Toi qui n’a pas forcément besoin d’être « animateur.rice » chant pour tous pour répondre à cet appel. Se peut-il que tu nous partagerais un petit jeu vidéo pour la page facebook Chant pour tous ?

Le mode d’emploi du comment que faire 
-Enregistre ta vidéo 😉
-Va chercher ta vidéo dans tes fichiers et vérifie qu’elle est dans un format pas trop compliqué (genre .mp4 ou .mov)
-Envoie-moi ta vidéo : camille.pascal74@gmail.com. Parce qu’une vidéo c’est lourd je suggère de me l’envoyer via un lien dropbox, un dossier zip ou une plateforme de partage de fichiers en ligne (fromsmash.com, grosfichiers.com).
-Je la préparerai pour facebook et je lui rajouterai le petit logo Chant pour tous pour faire genre
-Et hop, elle apparaîtra sur la page Chant pour tous et on pourra tou.te.s jouer à tes jeux !

YOUPI TRALALA

A tout bientôt ?!

Deux vidéos souvenirs de 2018 et 2019

A défaut d’expériences fraîches et en attendant le grand retour des chants pour tous en 2021, Camille et moi avons chacun de notre côté eu l’idée de vous offrir une petite vidéo en cadeau de fin d’année !
On sait bien que cela ne traduit jamais fidèlement l’ambiance si particulière que l’on peut ressentir en personne, ni ne remplace l’expérience directe, mais on espère quand même que cela vous transmettra un peu de chaleur et de joie.

La vidéo montée par Camille, déjà partagée depuis quelques jours sur la page FB Chant Pour Tou.te.s / Bruxelles, est une série d’extraits du chant pour tous du 25 janvier 2019 que nous avions co-animé à Bruxelles !

 
La mienne est un montage de la rencontre des animateur·rice·s du 1-2 septembre 2018 à Lyon. Dans un style différent de mes vidéos habituelles, en plus du chant j’ai inclus de nombreux extraits de discussion, interview, rire et simples moments de vie collective. Un condensé de souvenirs de cette rencontre particulièrement riche et intense.

 
Si vous en voulez encore et que vous ne la connaissez pas déjà par cœur, cette playliste YouTube rassemble une vingtaine d’autres vidéos chant pour tous.

Longue vie au chant improvisé et bon passage en 2021 !

Ce monde est une matière molle

« Mesdames, Messieurs ! Bienvenue au Chant pour Tous nouvelle ère ! Merci de bien garder vos masques correctement disposés autour de vos nez et bouche. Merci de respecter la distance de sécurité entre vous et vos voisins. Merci de vous laver les mains, de ne pas toucher vos masques, de toucher le moins de choses possible d’ailleurs pendant toute cette session. Merci d’être attentif et de signaler tout manquement aux règles de la part de vos voisins, pour le bien et la santé de tous ! »

C’est vraiment comme cela que je dois imaginer les prochains rendez-vous Chantpourtoussiens ?…
Scénario bien étrange dans ce cadre justement créé pour connecter les uns les autres, ouvrir des espaces de liberté. Je suis bien placé pour en parler : j’ai eu l’honneur de participer aux ateliers Improvie de Gaël (pour + d’infos là-dessus, je vous oriente sur son superbe article ICI). Et un des objectifs principaux de nos pratiques d’impro vocale, ce fut la connexion à la spontanéité, à l’Élan (nous avons même reçu officiellement un diplôme portant ce nom : « Diplôme Élan ») : faire confiance au monde, à la vie qui circule, aux énergies qui nous connectent, nous, êtres humains, traits d’unions entre la terre et le ciel. Ce qui sort de moi, dans la spontanéité et la joie, ce ne peut être que juste, en lien avec un idéal collectif. N’est-ce pas un des aspects centraux de l’intelligence collective ? 1 + 1 = plus que 2 ! s’il y a connexion, s’il y a confiance, s’il y a prise de risque volontaire et joyeuse. Car après tout, la vie est risquée, de par sa définition même, en rapport à la mort.

C’est à travers ces explorations, cette recherche d’espaces de liberté en moi et en lien avec les autres, que je peux affirmer aujourd’hui, avoir parcouru un joli chemin d’épanouissement personnel.

Je fais le constat que le monde a bien changé, et si vite… Je relis la nouvelle de Franck Pavloff, Matin Brun, fable prophétique qui s’amuse à parodier la montée du totalitarisme. Sans entrée dans des pensées complotiste, c’est tout de même la première fois que je ressens en moi cette impression que le gouvernement du pays dans lequel je vis, ne travaille pas intelligemment, pour le bien des habitants de ce pays… )=

Je suis à la campagne, sous le ciel étoilé. Je vois une étoile, qui scintille, change de teintes… un satellite ? Et là, le losange et ses trois étoiles alignées, mais là aussi les deux étoiles des bords scintillent de toutes les couleurs… encore des satellites ? Ici aussi, et là…
Il n’y a bien que Mars, jaune et puissante, qui me rassure sur le fait que le ciel n’est pas devenu qu’une création de l’homme…
Mais alors, ces satellites, comment font-ils pour éclairer ainsi mes nuits ? Cela doit nécessiter une puissance électrique dingue… et pas de batterie ni de générateur possibles, non… c’est donc l’énergie solaire ? Je les vois ces grands panneaux solaires sur les ailes des satellites ! Mais alors ? Pourquoi ne pas faire ce rêve énorme d’un apport électrique depuis les étoiles ? J’imagine un appel à financement citoyen, un appel mondial, pour collecter les fonds nécessaires à la construction d’une plateforme de production électrique depuis l’espace. De l’énergie continue, propre, accessible à tous les humains, et gratuite !

Ha ! Pardon, mais ça me fait du bien de rêver un peu ! Il y a des générations qui ont eu la découverte de continents, de cultures, de peuples. Il y a eu les grandes utopies socialistes et communistes ; je peux même rajouter la capitaliste quand elle était encore humaniste (au sens de l’équitable répartition des richesses). Il y a eu aussi le feu, l’ampoule, les avions, les premiers pas sur la lune, les images animées… Tout ça, ce fut des découvertes partagées de manière collective ! Des petits miracles dans une vie, que chaque génération partageait.
Bien sûr qu’on en a aussi nous, des découvertes ! Internet, les smartphones, la fibre, les séries… mais les partage-t-on collectivement ? Ou sont-ils des progrès vers un individualisme croissant ?
Aujourd’hui j’entends que l’on conseille à ses amis les séries à ne pas rater, mais j’entends peu d’échanges autour des séries elles-mêmes… il y en a tellement. Est-ce qu’on va plus loin du « c’est génial » ou du « mouaih, bof » ?! Même nos réseaux d’information sont tous personnels et nous avons du mal à nous retrouver autour d’un fait qui rassemble.

C’est là que je me dis que mon petit miracle, je l’ai déjà expérimenté, je le connais, qui vibre encore en moi : c’est cette expérience de partage simple, de connexion aux autres, de création collective à partir de ma singularité. C’est cet espace gratuit et complètement spontané. Et oui, ce sont les soirées Chants pour Tous !
Pourquoi ne pas commencer la révolution positive, celle de la douceur et de la joie de vivre, à mon niveau, avec mes outils et les gens qui m’entourent !?! hein ?! Je vous le demande…

Comme le dit si bien Virginie Despentes (super discours qui me donne de l’espoir, que je vous invite à voir et écouter ICI: « Toutes les propagandes me traversent et m’habitent et me gèrent. Je ne suis pas du bon côté de la barrière. Rien ne me sépare de la merde qui m’entoure. Rien sauf le désir de croire que ce monde est une matière molle. Ce qui est vrai aujourd’hui peut avoir disparu demain. »

Je pars alors avec mon joli bâton de pèlerin ! Viens chanter ! Viens oser être ce que tu es, c’est à dire mortel.le et en lien avec les autres ! Enrichi.es par le lien avec les autres ! Plus fort.e que seul.e à se méfier du monde et de la vie…
Et je sais que c’est un moyen de rendre cette matière monde plus molle, et de la voir changer ! Car si rien ne me sépare de la merde qui m’entoure, alors rien ne sépare la merde qui m’entoure de ma force et de ma joie de vivre !

Je vous aime. Aurélien !.

Et toi, pourquoi chantes-tu ?

Ami.e.s ChantPourToussiens, Bonjour !

La dernière fois que j’ai pris la plume pour Chant Pour Tous, c’était juste après le premier déconfinement.  J’évoquais le sujet de “chanter ensemble dans le monde d’après.” Le hasard faisant les choses comme il les fait, c’est aussi moi qui suis “de garde” sur le site, au moment où la France est reconfinée avec les impacts variés que l’on connaît à la situation. 

Alors quoi ? On a écrit sur les initiatives pour chanter à distance, on a écrit sur comment chanter tout seul… Que vais-je bien pouvoir raconter qui n’ait pas déjà été dit ? Comment remobiliser les énergies quand on ne sait pas vraiment pour combien de temps on en a, quand on ne sait pas si ça va se finir un jour ? Comment faire semblant d’oublier nos proches dans des hôpitaux submergés, étouffés et en déclin ? Comment oublier tous les acteurs de la culture qui se retrouvent dans une grande difficulté ? Comment ignorer le climat de tension qui règne depuis plusieurs semaines ? Comment trouver l’envie de chanter, une raison de chanter ?

Justement c’est peut être là dessus que je vais partir, j’ai envie de vous demander : pourquoi chantez-vous ? Florent Pagny a interprété une chanson en 1997 ( j’avais 9 ans, prends toi le coup de vieux au passage…) qui s’appelle “Chanter”.  Dans cette chanson, l’auteur Lionel Florence énumère peu ou prou les raisons qui peuvent pousser un être humain à chanter: 

“ Chanter pour oublier ses peines, pour bercer un enfant, pour pouvoir dire je t’aime…mais chanter tout le temps. Pour implorer le ciel ensemble, en une seule et même église, retrouver l’essentiel et faire que le silences se brisent. En haut des barricades, les pieds et poings liés, couvrant les fusillades, chanter sans s’arrêter. Chanter celui qui vient au monde, l’aimer, ne lui apprendre que l’amour, en ne formant qu’une même ronde, chanter encore et toujours. Un nouveau jour vient d’éclore, pouvoir encore s’en émerveiller, chanter malgré tout toujours plus fort, je ne sais faire que chanter. “

Voilà ce que donnent les paroles, en condensé. Que j’aurais aimé écrire ce texte, et Ô combien chacune de ses lignes fait sens pour moi. Alors je te demande, à toi qui lis cet article, et c’est une question que je pose très souvent à mes élèves en cours de chant : pourquoi tu chantes ? 

Pourquoi cette question ? Certains me répondent, notamment dans le contexte du chant improvisé, je chante pour sentir de la connexion avec autrui. Et en effet, cela peut être plus difficile de sentir cette connexion derrière un écran et avec un accès internet vacillant. Mais alors, peut-être qu’on pourrait, au moins le temps qu’il faut, trouver d’autres raisons de chanter ? Le chant est là depuis les débuts de l’humanité, il vient de nos tripes, il vient de nos cœurs et de nos âmes, il ne nous lâchera pas ! Tout ce qui existe est là pour qu’on le chante : le soleil et la pluie, le vent et l’ennui, la joie et les peines, la Nature souveraine, la mort et la vie, et sa mélancolie ! 

Cet article est pour moi une forme de cri du coeur, un appel à tous : ne vous arrêtez jamais de chanter. Chanter c’est vivre, chanter c’est exorciser, chanter c’est résister, chanter c’est soigner !

Chant Pour Tous, c’est la somme de chacune de nos individualités, de chaque facilitateur.trice, de chaque participant.e. Chacune de nos énergies aux aspérités diverses a contribué à construire ce qui existe aujourd’hui. Nous le faisons vivre.

Aujourd’hui cela fait cinq ans que le site Chant Pour tous a été lancé, un joyeux anniversaire à nous tous.tes ! Je nous souhaite de pouvoir fêter son prochain anniversaire, sans masque, sans geste barrière et sans gel hydro-alcoolique ! 

A tout bientôt

Jessalynn

Chanter tout.e seul.e, et pourquoi pas !

La confinement c’est fini mais les mesures sanitaires restent d’actualité et dans certains départements elles se durcissent. Certaines villes qui accueillaient des chant pour tou.te.s fréquemment n’ont pas encore relancé de rencontres. D’autres ont célébré la fin de cette période de latence en en organisant toute une série durant l’été. Lorsque des rencontres ont eu lieu, certaines personnes ont opté pour le port du masque. D’autres pas. Et certains ont préféré rester chez eux. Concrètement, chacun.e cherche ce qui lui convient le mieux et adopte le comportement qui lui semble le plus ajusté.

Pour chaque choix existe un panel d’options que l’on a commencé à dessiner :
Pour ceux.celles qui se rendent à des rencontres chant pour tou.te.s
Pour ceux.celles qui restent chez eux mais qui ont envie faire du chant improvisé avec d’autres personnes à distance

Une autre option possible : rester chez soi et faire du chant improvisé tout.e seul.e !

Et pourquoi pas ! Quand on s’y met on y prend goût. L’occasion pour moi de faire cette confidence : mes meilleures improvisations ont été chantées sur fond d’aspirateur et de ventilation de salle de bain ;). Et mon petit doigt me dit que je ne dois pas être la seule…

Alors pour certain.e.s improviser seul.e chez soi relève d’une seconde nature, ça se fait naturellement, matin, midi et soir, entre le café et la tartine, en rentrant du boulot ou en guise de défouloir post infos du soir. Mais pour ceux.celles que l’option pourraient dérouter au premier abord, voici quelques suggestions pour lâcher les fauves.

1/ Chanter seul.e chez soi c’est un peu comme le sexe, on essaye toutes les pièces, toutes les positions, toutes les heures de la journée, bref, on explore, on apprend à sentir nos préférences, on joue, et quand on trouve quelque chose qui nous fait du bien, on approfondit…!

2/ Et pour la métaphore filée, on peut aussi s’aider d’objets. Plus haut, j’ai nommé l’aspirateur et la ventilation de salle de bain. Mais il y a la cafetière allumée, le four qui tourne, l’eau qui boue, les couverts qui font cling, les chaises qui font brrrrraaa, la poignet de porte qui fait iiiiiian. Notre maison est musique à qui prête son oreille et sa voix !

3/ Sinon on peut fermer les yeux, penser à une image, un paysage, un souvenir, une émotion, une sensation, s’y connecter et exprimer ce qui vient. Des bruitages. Des sons. Des sons tenus. Des sons qui évoluent. Des sons qui deviennent voyelles, consonnes, syllabes, mots. Langage. Dire ce qui vient. Dire des choses qui ne font pas sens. Dire des choses qui font sens mais qui ne font pas sens. Langage imaginaire. Vrais mots. Improviser au rythme du courant de conscience. Dire tout haut ce qui circule déjà, lui faire prendre forme par la voix et le chant. Se connecter à sa part enfant pour ça, faire décrocher ce qui habituellement oblige ce flux à rester dedans. S’imaginer être avec son.sa thérapeute. Se mettre devant le miroir.

4/ On peut chanter en continu. Faire des pauses. Ecouter le silence. L’apprivoiser. Le déconstruire. Chanter quelque chose qui se répète, une boucle. La faire danser. Lui donner du volume. Revenir à quelque chose de continu et repartir pour un tour…

5/ On peut piocher dans les ressources en improvisation vocale de RIV. Un grand nombre d’entre elles sont applicables seul.e chez soi. Le GOGO tout seul.e ça marche et c’est même super chouette. Dix-huit ressources sur le solo, ça ne manque pas de choix et de couleur. Et parmi mes préférées pour mes concerts endiablés en solitaire : Prendre son temps ou ne pas perdre de temps, Scratch, Varier le contenu de ses boucles (celui-là j’y joue littéralement tout le temps parce que c’est juste trop bon).

Cette liste de suggestions est non-exhaustive, j’aurais potentiellement plein d’autres trucs à dire mais au fond chaque point se résume au premier : exploration, jeu, plaisir ! Pour ceux.celles qui restent chez eux.elles mais qui languissent de revenir à chant pour tou.te.s dans de meilleures conditions, invitation à improviser seul.e chez vous. Vous allez voir, ça donne la pêche, la banane et la patate !

Bienvenue aux partages d’expérience du chant impro en solitaire !



Newsletters en panne et autres bugs…

Tant mieux si vous n’avez rien remarqué, mais le site souffre de nombreux problèmes techniques depuis plusieurs mois.
En premier lieu c’est notre système de newsletters qui est mis à mal… Après de nombreux soucis de newsletters qui n’étaient plus envoyées correctement, nous avons mis à jour l’extension que nous utilisions (MailPoet) et cela a notamment occasionné la perte de toutes les newsletters automatiques et des modèles de newsletters locales. Plus récemment, nous avons dépassé les 2000 abonnés (ce qui aurait dû être une bonne nouvelle), or MailPoet ne fonctionne gratuitement que jusqu’à ce nombre. Le coût de la version payante étant trop important pour notre engagement bénévole, nous cherchons actuellement un nouveau système pour nos newsletters (« nous » en gros c’est l’équipe de gestion du site : David, Jessalynn, Camille, Aurélien et moi).
En attendant, nous n’avons pas trouvé de meilleure solution que de supprimer temporairement de nombreux abonnés dans des newsletters locales importantes mais peu actives comme Rennes, Drôme, Montpellier et Nantes, afin de nous maintenir sous les 2000 abonnés et de pouvoir continuer à envoyer le récapitulatif mensuel et les newsletters locales les plus actives. Nous réinscrirons évidemment tout le monde dès que possible et nous croisons les doigts pour que ça ne cause pas de désagrément.

Vous avez peut-être aussi expérimenté des difficultés, voire une impossibilité de vous connecter à votre compte sur le site. A noter que pour y arriver en attendant que le problème soit résolu, nous vous invitons à faire défiler votre écran et tout en bas à droite vous trouverez un lien Connexion (vous pouvez aussi cliquer dessus ici) qui vous emmène sur un formulaire qui marche normalement mieux que le formulaire en haut à droite. Et si ça ne marche toujours pas ou si vous expérimentez régulièrement des problèmes, nous vous invitons à passer par cette page-ci en attendant que tout soit réglé (pensez aussi à cocher l’option « se souvenir de moi » pour ne pas avoir à vous reconnecter à chaque visite).

Et puis il y a d’autres soucis comme la carte Google qui n’indique pas toujours l’emplacement des événements, entre autres petites choses moins visibles.

Nous sommes vraiment désolés pour tout ça !

Plusieurs raisons font qu’on n’arrive pas à régler ça aussi rapidement qu’on l’aimerait, notamment qu’on cherche depuis longtemps un nouveau développeur WordPress pour relayer David, que c’était l’été et qu’on est tous bien occupés…

On espère que les choses vont s’arranger le plus rapidement possible, et ça y est on a une piste très prometteuse, mais en attendant merci pour votre patience !! Et si par hasard en plus d’être patients vous avez l’élan de nous envoyer par exemple des encouragements ou des remerciements pour l’énergie qu’on met dans ce site depuis cinq ans, etc, toute manifestation de soutien sera particulièrement bienvenue en cette période délicate. A bientôt !

Chant pour Tous – l’aventure utopique ?

Le we des 11 et 12 juillet 2020, a eu lieu la 4ème Rencontre des animateurs de Chant pour Tous. J’aimerais partager avec vous mon expérience de ce rendez-vous annuel durant lequel les personnes ayant organisées un minimum de 3 événements dans l’année se proposent de se retrouver dans un cadre très libre, pour se rencontrer, chanter bien sûr, mais aussi échanger autour des expériences, des outils, des projets…

C’est la deuxième rencontre à laquelle je participe, et pour les infos statistiques, cette année nous étions 16 individus (6 hommes, 10 femmes) rassemblés à Villeurbanne pour ces deux jours ensoleillés et musicaux.

Ce we m’a permis de recharger mes batteries, de me sentir inspiré par les univers musicaux de chacun, mais aussi de me sentir relié à d’autres autour de valeurs, d’une recherche de qualité dans la relation humaine, à travers l’expression artistique.

Permettez que je revienne rapidement sur l’expérience Chant pour Tous :
Elle repose sur les 4 principes proposés dès l’origine par Gaël et Simon : gratuit ; ouvert à tous ; complètement improvisé ; vocal et corporel.
Concrètement, c’est le site internet chantpourtous.com qui donne corps (virtuel) à ce projet. C’est l’outil qui permet de connecter toutes les initiatives de ce genre, et de communiquer facilement pour proposer ou rejoindre ces événements.
L’aventure a commencé ainsi en 2012 à Lyon, et elle s’étend maintenant sur tout l’hexagone, la Belgique, les départements d’outre-mer…

Ce moment annuel de rencontre des animateurs, c’est d’abord l’occasion de faire connaissance avec ces animateurs, auquel certains préfèrent le terme de « facilitateurs ». Chacun se retrouve autour des valeurs du mouvement, chacun s’approprie les 4 principes de base et propose des événements à son image. Je me suis retrouvé entouré de personnes généreuses et humanistes, une troupe idéaliste ?! …
Cette gratuité mêlée à une confiance en ce qui s’exprime à travers nous, spontanément, dans l’improvisation, c’est une invitation à descendre en soi, à faire taire les petites voix parasites du mental pour connecter avec la zone du sensible, du subtil, de ce qui dépasse notre quotidien matériel, tout ça pour y réintroduire du sacré.

Ce fut donc nécessairement une expérience musicale, avec des tours de chant très inspirants : de l’intensité, de la douceur, de la folie, des rires et des larmes…
Une expérience pédagogique aussi : quels outils ? les incontournables propres à chacun, des pistes de zones d’attention à proposer aux participants, un échange sur les expériences de chacun… Les Chants pour Tous sont en lien avec le territoire sur lequel on les organise. C’est intéressant de croiser des facilitateurs de l’autre bout de la France qui ont les mêmes problématiques que moi, alors que mon voisin, lui, en est tellement éloigné.
Et ce fut surtout une expérience humaine…

Comme pour chacun des Chants pour Tous auxquels j’ai participé ou que j’ai pu « faciliter », c’est la rencontre entre les individus qui me reste en souvenir. Cette manière de faire connaissance avec l’autre à travers le chant, c’est une allégorie de toutes relations dans la vie. Dans tous les cas, la qualité de la relation dépend de mon écoute, et de celle de l’autre, des autres. C’est d’interactions dont il s’agit. Comment j’adapte mon timbre, mon volume. Comment je me positionne en soutien, en proposition. Comment j’identifie mes préférences, comment je nourris mes besoins de beauté, de diversité, d’intensité… tout en prenant en comptes les préférences et les besoins des autres. Comment j’arrive à communiquer, clairement, et à me sentir libre d’occuper ma place au sein du cercle, au centre du cercle…

Le cadre de ces rencontres, c’est tout cela qu’il met en jeu : pas d’ordre du jour, un horaire de départ, et c’est tout… nous vivrons le moment présent. Nous sommes libres ! libre de venir, de repartir, de partager, de prendre, de donner bien sûr.
Libre pour se respecter soi, ses besoins. Libre dans la limite du respect du groupe et des besoins des autres.
Et bien ce n’est pas une mince affaire ! Et je crois que n’importe quel individu sera confronté à lui-même, à ses contradictions, à ses croyances ancrées depuis le plus jeune âge. Mais qu’est-ce que c’est passionnant ! Parce que, pour moi, et cela n’engage que moi, être dans la vie, c’est se confronter à l’autre, sortir de sa zone de confort, découvrir d’autres réalités à travers les réalités des autres. Ce peut être une définition de l’art : l’endroit du partage de nos réalités singulières et subjectives.

J’ai trouvé le voyage passionnant et je me sens nourri par ces rencontres d’un we. Je vais donc finir cet article en vous encourageant à venir rejoindre cette équipe de joyeux vivants !
Pour ça, lancez-vous dans l’aventure des Chants pour Tous. Programmez quelques événements dans l’année (n’hésitez pas à demander à un facilitateur aguerri de coanimer l’événement avec vous). Et je vous assure que vous rencontrerez sur votre parcours tant d’êtres splendides que vous en serez bouleversé.e.s !!! On en reparle ?! <o=)
Aurélien!.