Récit d’une CircleSong d’équinoxe

J’ai publié il y a une quinzaine de jours en vidéo un extrait d’une circlesong que j’ai conduite lors du chant pour tous du 22 septembre 2017 à la MJC Jean Macé à Lyon. J’ai reçu beaucoup de retours positifs à propos de cette circlesong, et comme c’était un moment assez spécial pour moi aussi, j’ai eu envie d’écrire cet article pour en dire un peu plus. C’est l’occasion à la fois de remarquer quelques spécificités musicales qui peuvent en intéresser certains (et que certains autres ne s’inquiètent surtout pas si c’est du chinois pour eux, il n’y a pas besoin de comprendre ces choses pour faire de la magnifique musique), et aussi pour une fois de raconter un peu ce qui s’est passé dans ma tête sur le moment.

Alors c’était l’équinoxe d’automne… événement anodin pour la plupart des gens, mais important pour la part de moi qui est restée attachée à l’époque où je faisais du chamanisme. Quand je cherchais à caler les dates pour mes chants pour tous de cette année et que j’ai vu que l’équinoxe tombait un vendredi (mon soir de prédilection pour les chants pour tous), j’étais ravi ! L’heure précise de l’équinoxe était à 22h01… au début j’étais un peu embêté vu qu’en général c’est l’heure où on fait la pause… mais je m’étais dit « bon, on verra bien où ça en est à cette heure-là, et peut-être que je ferai une dernière circlesong avant la pause si je sens l’élan. » A 22h moins des poussières j’ai effectivement senti l’élan et j’ai commencé cette circlesong.

Je n’ai pas mis les premières minutes de la circlesong dans la vidéo car la mise en place a été plutôt lente, mais je vais raconter un peu comment ça s’est passé. Fidèle à ma façon de faire préférée, je ne pense pas à ce que je veux faire et je commence juste à improviser sans intention particulière. La première boucle me vient très vite. J’aime beaucoup cette première boucle et je regrette qu’on ne l’entende pas mieux dans la vidéo ; c’est à 2:14 qu’on l’entend à mon avis le mieux, juste avant que je la fasse arrêter. Elle contient peu de notes différentes et un rythme simple et régulier, typiquement le genre de boucle assez neutre avec laquelle j’aime beaucoup démarrer, pour l’ouverture qu’elle laisse ensuite et l’éventualité de servir de « boucle-charnière » avec laquelle moduler plus tard (ce qui ne sera pas le cas ici). Seule l’articulation est un peu plus riche : « houmatatsouméhi houmatatsouméha ».

Petit solo une fois que cette boucle est en place, qui me conduit rapidement à la deuxième boucle, le « ho(u)mataaaaaaa » avec les notes tenues qui créent les changements d’accords en descendant par demi-ton. Cette boucle a deux particularités. La première c’est qu’elle crée une alternance majeur/mineur, et la deuxième c’est qu’elle tourne sur trois mesures (là où on a plus l’habitude d’avoir des multiples de deux). Ce n’était pas intentionnel, j’ai rarement d’intention de ce genre quand j’improvise, je me laisse chanter et ensuite je remarque (ou pas) qu’il y a une alternance majeur/mineur et que ça tourne sur trois mesures… Et là en même temps que je remarque ça, je me dis aussi « waouh c’est joliiiii », et c’est avec cette pensée que mes ennuis commencent !

En étant touché par la musique qui prend forme et en percevant que beaucoup de gens dans le cercle sont touchés aussi, une part de moi ne trouve rien de mieux à faire que de mettre la pression avec des pensées du type « allez c’est un moment particulièrement précieux, concentre-toi, il faut assurer ! » A ce moment-là je commence à « perdre le flow » par intermittence, c’est-à-dire que cet élan fluide et évident que je sentais au début s’effrite. Je commence à « essayer de faire quelque chose de bien », en suivant ce que me dictent les pensées enthousiastes mais stressées (ou en tout cas stressantes) de la part de moi qui a tellement envie de nous offrir un merveilleux cadeau musical.

Quand la deuxième boucle est en place, je sais immédiatement que je veux l’harmoniser (j’harmonise très souvent les boucles avec des notes tenues, j’adore ça) et ça me vient assez vite. Une difficulté pour les choristes ici… l’harmonie fait doooooooo# doooooooo# réééééééééé# ; deux fois la même note tenue puis une fois la note au-dessus et ainsi de suite… Les choristes n’ont pas l’habitude d’un cycle de trois mesures comme celui-là, ce qui peut amener beaucoup d’entre eux à devoir compter pour s’y repérer, ou au moins garder une attention là-dessus, sans pouvoir donc se lâcher autant que quand la boucle « coule de source » pour eux. Au moment où je leur chante, je leur dis d’ailleurs verbalement « une fois en haut, deux fois en bas » pour les aider, ce que je fais rarement (donner des indications verbales en cours de circlesong).

Ensuite pour la troisième boucle je cherche un peu en suivant une pensée qui me dit de remplir l’espace laissé par la deuxième boucle dans la deuxième moitié de la mesure, comme une réponse. Et là je trouve quelque chose qui me plaît mais qui pose un nouveau problème musical… c’est une partie très simple, une montée et redescente entre le premier et le cinquième degré de la gamme. En mineur… sauf qu’une mesure sur trois on passe en majeur, et qu’à ce moment-là on voudrait donc ajuster la tierce d’un demi-ton. Pas de problème pour quelqu’un qui a l’oreille assez exercée, mais c’est loin d’être le cas de tout le monde ! Je me dis que si j’essaye de donner cette boucle en changeant un demi-ton (et en l’occurrence un demi-ton sur lequel on ne fait que passer rapidement) toutes les trois mesures, je vais y passer cinq minutes pour que ça rentre (si ça rentre). Je n’ai pas envie d’y passer autant de temps, je préfère préserver l’énergie du reste du cercle et conserver mon « rythme de narration »… je donne donc la boucle tout en mineur, sans l’ajustement du demi-ton. Une mesure sur trois ça frotte un peu au passage… bon, de toute façon ça frottait déjà entre la première et la deuxième boucle sur l’accord majeur, ça me gêne à peine. La boucle est simple et elle vient compléter l’arrangement d’une manière qui me plaît beaucoup, elle contribue notamment à me donner une impression de mouvement circulaire bien particulière dans cette circlesong.

Début du nouveau solo ! Je démarre en mode flûte dans les aigus, et là je vois très vite que ce passage majeur/mineur peut être super casse-gueule dans le contexte… j’hésite et je tâtonne un peu pendant vingt secondes, et là c’est le début de la vidéo ! Avec cette première phrase à 0:10 qui descend et que j’aime énormément. Quelques secondes après, une pensée me dit « sur ce genre d’ambiance, ce serait trop bien de faire du langage imaginaire ! » et je suis cette pensée. De 0:22 à 0:53, avec la montée en langage imaginaire, le crescendo et le pic d’intensité, j’essaye de faire quelque chose de bien… c’est-à-dire que je fais ce que je pense qu’il serait bien de faire (langage imaginaire, montée progressive, demande de crescendo au cercle, note tenue dans les médium-aigus, etc), et comme presque à chaque fois que je fais ça, « je ne suis pas dedans ». Le résultat vaut ce qu’il vaut (en l’occurrence je me dis que je ne m’en suis pas trop mal sorti, à part la malheureuse attaque de note tenue à 0:43)… mais je n’avais aucun frisson en le faisant et je n’ai aucun frisson en le réécoutant, ça ne me touche pas. J’ai beaucoup hésité à publier cette partie du solo, j’étais tenté de ne faire commencer la vidéo qu’à 0:46… et puis j’ai demandé l’avis de quelques membres d’Improvie qui m’ont chaleureusement encouragé à la publier !

A 1:00 environ, quelque chose bascule en moi, peut-être parce que le « climax » est passé, les pensées qui me suggéraient de faire ceci et cela se dissipent, je retrouve un élan plus spontané, plus évident, même si quelque chose en moi restera légèrement vigilant jusqu’au bout. De 1:01 à 1:23 je joue au question-réponse avec la troisième boucle, je prends beaucoup de plaisir à faire ça et j’adore en particulier la sensation de mouvement « vaguesque »… que j’exprime beaucoup physiquement !

Puis la demande de decrescendo à 1:29 se fait de manière évidente, et j’enchaîne dans les aigus. Ma manière de chanter ici est très inspirée de Bobby McFerrin, c’est quelque chose que j’adore faire, en particulier à faible volume comme ça. De 1:38 à 1:51 c’est mon passage préférée de la vidéo… Je me souviens du bonheur de chanter cette mélodie sur le moment, cette fois sans aucune question ou auto-guidance en tête, en découvrant juste chaque note à l’instant où je la chante. J’ai tout autant de bonheur à réécouter cette partie, et apparemment il y en a d’autres que ça touche beaucoup, une des membres d’Improvie m’ayant dit « la seule chose que je te reprocherais c’est de ne pas avoir répété ces phrases plus longtemps ». Le « iii » à 1:52 est aussi très goûteux pour moi. J’adore également la manière dont le cercle chante l’arrangement dans cette partie, tout en finesse mais sans perdre en tempo ou en hauteur. Le mélange de tous ces timbres me touche beaucoup, c’est un bon exemple de pourquoi je préfère ne pas séparer le cercle par pupitres.

Je sens que c’est la fin. J’arrête d’abord la troisième boucle et les remercie d’un geste, puis je me tourne vers la première boucle. Je joue quelques secondes avec eux, je fais notamment des bruits de souffle qu’on n’entend quasiment pas dans la vidéo, pour manifester la dimension rythmique que cette boucle m’évoque. Puis je leur demande un decrescendo avant de les arrêter et de les remercier aussi. Je me tourne enfin vers la deuxième boucle harmonisée. Ici j’aurais pu avoir envie de refaire un bout de solo avant de conclure, c’est quelque chose que je fais souvent quand je finis avec ce type de boucle, mais à ce moment-là je n’ai plus de pensées de ce genre, mon attention est essentiellement sur mes sensations et sur mon mouvement spontané. Je continue avec des respirations qu’on n’entend pas bien dans la vidéo. Je me souviens que ces respirations sont très agréables sur le moment, à la fois intenses, vibrantes, et détendues. Je me remets à chanter dans les graves pour soutenir le dernier accord. A la réécoute j’adore le son que fait la petite fille à 2:38 et la manière dont sa voix accompagne les derniers instants ! La fin se fait aussi de manière évidente. C’est typiquement le genre d’impro après laquelle je peux particulièrement savourer un silence de 10-30 secondes sans applaudissement, mais bon, pas cette fois !

A noter aussi que j’ai passé énormément de temps les yeux fermés pendant cette impro, ce qui m’arrive rarement à ce point-là (avoir un contact visuel avec le groupe m’aide généralement à « garder les pieds sur terre »)…

Je suis sorti très paisible et joyeux de cette circlesong, et je suis ravi d’en avoir un souvenir en vidéo ! On est assez loin de mon idéal d’improvisation, que ce soit en termes d’arrangement, de solo ou de présence, mais cette circlesong a un petit quelque chose d’unique, c’était un de ces moments de grâce que je vivrais bien tous les jours !

Qui gouverne chant pour tous, comment fonctionne le mouvement ?

De mon point de vue, un chant pour tous est un jeu (ou un sport si vous préférez). Comme tout jeu, il est régi par des règles et ces règles sont les fameux 4 accords.
Ensuite, il y a des gens qui jouent à ce jeu… certains en invitent d’autres à jouer, certains jouent le rôle de maître du jeu, certains s’impliquent de différentes manières dans le jeu, jouent pour différentes raison, certains se rassemblent en communauté et d’autres non, certains suivent les règles et d’autres non, certains créent des sites internet, des pages Facebook ou des chaînes YouTube autour du jeu, certains ont font leur passion et d’autres sont des joueurs du dimanche.
Et voilà !

Il n’y a donc pas de leader, pas d’association, pas de ligue officielle, ni aucune structure qui centralise officiellement quoi que ce soit. Même ce site, bien qu’il soit actuellement utilisé par la majorité des animateurs et de nombreux participants, n’est qu’un outil mis à disposition par une équipe restreinte de passionnés qui en a la totale responsabilité. Si un autre site similaire voyait le jour, personne ne leur ferait un procès. Toute personne est entièrement libre de fonctionner comme elle le souhaite, seule ou en équipe, en ayant tout pouvoir sur ce qu’elle a elle-même créé ou construit.

Dans mon cas, je suis un joueur investi à différents niveaux :

  • J’organise et anime des chants pour tous en totale autonomie.
  • Je prends des initiatives personnelles au service de ma vision du mouvement, par exemple en collectant des fonds pour faire créer et imprimer des affiches que je partagerai ensuite à d’autres animateurs, ou en publiant des vidéos de mes chants pour tous sur ma chaîne YouTube « Chant Pour Tous Lyon », ou encore en écrivant des articles sur ce site.
  • Je m’associe également à certains autres animateurs pour des projets collectifs, comme la création et la gestion de ce site, des chants pour tous co-animés, ou encore un rassemblement des animateurs à venir cet été. Pour certains de ces projets je sollicite tous les animateurs que je connais (comme le rassemblement de cet été), tandis que pour d’autres je choisis les personnes avec lesquelles je souhaite coopérer.
  • Je vais parfois à des chants pour tous organisés et animés par d’autres, j’y suis parfois discret, parfois je m’y exprime beaucoup plus.

Tout ça, n’importe qui pourrait donc le faire. Après ce serait mentir de dire que je n’ai pas un rôle particulier dans le mouvement… jusqu’à récemment, ce rôle n’était pas clair pour moi. Je me reconnais maintenant comme « personne source » (vous pouvez en savoir plus sur la notion de personne source en regardant cette vidéo). La personne source d’un projet est là pour « alimenter le feu » et pour « définir les prochains grands pas stratégiques »… sauf que le mouvement a été conçu pour ne plus avoir besoin de « grands pas stratégiques » depuis les 4 accords. Tel que je le vois, le mouvement fonctionne en cellules, chaque animateur étant lui-même la personne source de sa cellule. Chaque cellule progresse et évolue par elle-même, et chaque joueur joue exactement comme il aime le faire, en n’offrant ni plus ni moins que ce qu’il veut offrir.

Bon jeu à toutes et à tous !

Un chant pour tous qui ne respecte pas les 4 accords ?

Tout le monde (sûrement la terre entière) sait maintenant qu’un événement peut être défini comme un « chant pour tous » à partir du moment où il respecte les 4 accords, seul et unique cadre délimitant le mouvement.

J’ai déjà fait un article qui parle de la liberté qu’offrent ces 4 accords, mais je n’ai pas encore parlé précisément, de mon point de vue, de ce qu’ils ne permettent pas :

1 : Intégrer dans les improvisations des instruments de musique, ou n’importe quel son qui ne soit pas produit vocalement ou corporellement par les personnes présentes, comme par exemple des sons électroniques, enregistrements, etc…

2 : Intégrer dans les improvisations des choses non-improvisées, comme par exemple des reprises ou citations de mélodies, rythmes ou paroles déjà existants, ou quoi que ce soit qui ne soit pas inventé dans l’instant.

3 : Ne permettre la participation au chant pour tous qu’en échange d’une somme d’argent, quelle qu’elle soit, même s’il s’agit par exemple d’une petite adhésion à une association.

4 : Ne permettre la participation au chant pour tous qu’à une certaine catégorie de personnes, en en refusant l’accès par exemple aux enfants, aux personnes n’étant pas membres d’une association ou d’une quelconque structure, aux débutants en chant ou en improvisation, etc…

Je n’ai personnellement rien contre toutes ces choses, au contraire. Le choix de ces 4 accords a été totalement arbitraire et vise simplement, comme toutes les règles d’un jeu, à définir ce jeu et à l’orienter de manière à ce qu’il permette une expérience et une énergie particulière.

Tout ça est bien beau… imaginons maintenant que j’ai très envie d’organiser un événement qui respecte presque les 4 accords, mais pas complètement… comment je fais ?

Première possibilité selon moi, je peux renoncer au statut de chant pour tous et à organiser mon événement indépendamment. Comme ça je ne m’emmerde pas avec tout ça et je fais ce que je veux ! Par contre je ne pourrai pas bénéficier des outils de communication mis à disposition par le mouvement chant pour tous, comme le logo, le site, les newsletters, les pages et groupes Facebook, etc, ce qui peut être dommage pour tout le monde…

Deuxième possibilité, je le fais en douce ! Je ne respecte pas un ou plusieurs des 4 accords mais je n’en parle pas dans la communication, comme ça je peux quand même profiter du site et tout ça, je bénéficie à la fois du soutien et de la liberté. Par contre si un participant n’est pas content et décide de jouer à la police de chant pour tous, ça risque de pourrir l’ambiance… et puis personnellement, ça irait à l’encontre de certaines de mes valeurs, comme respecter et honorer l’intégrité du mouvement et des personnes qui y contribuent.

Troisième possibilité, je bricole pour tout concilier, en séparant l’événement en deux parties (ou plus), une partie respectant les 4 accords et l’autre non. J’explique ce déroulement dans la communication en annonçant par exemple que le « vrai » chant pour tous aura lieu à telle heure et qu’il sera suivi d’une deuxième partie qui intègrera par exemple des instruments de musique ou des choses préparées. Comme ça votre 1ère partie a tout à fait sa place par exemple sur le site, vous bénéficiez de tous les supports de communication, et les participants sont avertis et peuvent choisir de partir avant la 2ème partie s’ils le souhaitent.

Vous aurez compris que j’ai une préférence pour la troisième option… mais il faut de tout pour faire un monde !

Devenir animateur chant pour tous

Vous avez envie d’animer un chant pour tous ? Bienvenue, allez-y !

Il n’y a aucun pré-requis. Vous n’avez pas besoin d’être un « bon chanteur », un « bon improvisateur » ou un « bon animateur »… seulement d’avoir l’élan de le faire. Vous n’avez pas non plus besoin de demander la permission ou de rendre des comptes à qui que ce soit, le concept chant pour tous n’appartenant à personne.

Vous pouvez si vous le souhaitez utiliser pour votre communication des articles ou extraits d’articles mis à disposition sur ce site, des vidéos disponibles sur YouTube, et même le logo de chant pour tous, tout ça est en libre service.

De la même manière, vous pouvez publier vos événements et articles sur ce site. Par défaut ils seront soumis à modération, mais il vous suffit de le demander pour obtenir les droits de publication directe. Il est aussi possible de créer une nouvelle newsletter pour votre ville, ou encore de figurer dans la liste des animateurs réguliers.

Si vous êtes en quête d’idées ou d’inspiration, vous pouvez lire les articles suivants :

Vous pouvez également contacter un animateur (qui vous orientera éventuellement vers un autre animateur plus disponible) pour poser des questions, demander du soutien ou échanger vos expériences.

Rien n’est demandé en retour aux animateurs, à part de suivre les 4 accords de chant pour tous ; votre événement ne doit même pas nécessairement s’appeler « chant pour tous »… Certains animateurs souhaitent travailler en équipe et se rassemblent autour de projets communs, d’autres préfèrent oeuvrer en solitaire. Il est donc possible qu’on vous contacte pour vous proposer des choses, tout comme vous pouvez contacter d’autres animateurs pour leur proposer des choses, mais il n’y a aucune obligation de participer à quoi que ce soit !

Nous sommes loin d’avoir tout vu

Potentiellement, un chant pour tous peut :

  • Avoir lieu presque n’importe où, dedans, dehors, dans la nature, dans la rue, dans un stade…
  • Réunir cinq personnes, dix personnes, cinquante personnes, mille ou dix-mille personnes…
  • Être composé d’enfants, d’adultes, jeunes ou âgés…
  • Être composé de personnes de milieux différents, de cultures différentes, de langues différentes…
  • Être composé de chanteurs plus ou moins expérimenté ou de personnes n’ayant pas du tout l’habitude de chanter…
  • Durer une demi-heure ou trois jours…

Mais pas seulement ! Potentiellement, un chant pour tous peut aussi :

  • Alterner différentes formes d’improvisation collective (par exemple improvisations libre à différents nombres, circlesongs conduites par une seule personne, improvisations répondant à des consignes précises, etc)… ou bien n’en privilégier qu’une seule…
  • Offrir un immense espace de liberté (par exemple avec un chant pour tous à une dizaine, dans un appartement avec un bon thé ou une bière, où on ne fait qu’improviser tous ensemble sans aucune consigne pendant trois heures)…
  • Ou plutôt proposer un cadre très précis (par exemple un chant pour tous animé par un professeur de musique qui guiderait les participants dans une série d’exercices harmoniques et rythmiques basés sur l’improvisation)…
  • Faire improviser tout le monde ou pas (par exemple dans le cas d’un chant pour tous avec seulement des circlesongs conduites individuellement)…
  • Privilégier un certain aspect de tout ce que chant pour tous peut offrir, en se concentrant par exemple sur les notions de rencontre et de partage entre les participants, la détente, le défoulement, ou plutôt sur une vision spirituelle, ou encore sur la dimension musicale, au sein de laquelle on peut éventuellement privilégier tel ou tel style de musique…
  • Avoir un ton humoristique ou cérémonieux, ou n’importe quelle ambiance impulsée par l’animateur…
  • Et j’en oublie…

Donc en résumé, les variations possibles sont vertigineuses. Ce qui ne change pas c’est que que ça chante, que c’est de l’improvisation, que c’est gratuit et ouvert à tous ; à part ça l’animateur est le maître du navire.

En mars 2016 nous sommes une dizaine d’animateurs et la plupart d’entre nous ne se sont pas ou peu éloignés du « modèle traditionnel ». Celui-ci subsistera très probablement, mais je prédis que de plus en plus d’animateurs vont proposer des choses complètement différentes, comme on a commencé à le voir avec par exemple récemment à Lyon un chant pour tous poétique et un chant alchimique.
J’ai donc à coeur de partager cet article pour peut-être aider à se préparer à ces différences, pour éviter que certaines personnes pensent que « c’est ça un chant pour tous » en ayant aimé ou non une certaine expérience avec un certain animateur. Pour que chaque chant pour tous ait un goût bien distinct, pour que chaque personne puisse savourer ce qu’elle préfère, et pour rester curieux et ouvert à d’autres saveurs.

Comment ne rien manquer de l’actualité chant pour tous

Pas évident de ne pas passer à côté de certains événements, surtout à Lyon où disons-le : c’est le bordel ! Il y a des chants pour tous dans plein de lieux différents, parfois annoncés sur le site peu de temps à l’avance, ou au contraire si longtemps à l’avance qu’on les oublie, certains nécessitent une réservation mais pas toujours, et parfois la jauge est très limitée donc ça se joue en quelques jours… alors comment faire pour éviter la frustration d’apprendre qu’il y a un chant pour tous auquel on aurait adoré participer mais qui est déjà complet ?

Stratégie n°1 : les newsletters

Le site propose deux types de newsletters complémentaires :

  • D’abord la newsletter « vie du mouvement » qui vous envoie un mail le premier jour du mois avec un petit édito sur l’actualité, la liste des articles publiés sur le site le mois précédent et la liste des événements programmés le mois qui vient.
  • Ensuite les newsletters « locales » pour chaque ville active… si vous vous inscrivez par exemple à la newsletter de Lyon, vous recevrez un mail à chaque fois qu’un événement ayant lieu à Lyon est publié sur le site (sauf quand parfois l’animateur décide de ne pas envoyer d’alerte).

Abonnez-vous aux deux pour ne rien manquer !

Sélectionner une ou plusieurs listes :

Bien entendu vous pouvez vous désinscrire facilement si vous en avez marre de recevoir des mails…

Stratégie n°2 : Facebook

Plusieurs pages et groupes sont consacrés à chant pour tous sur Facebook, en voici la liste.

Stratégie n°3 : faire du site votre page d’accueil ou le visiter régulièrement

Normalement, les deux premières stratégies cumulées garantissent de ne rien manquer, mais si vous voulez être vraiment sûûûûûr… prenez également l’habitude de jeter régulièrement un coup d’oeil au site !

Déroulé d’un chant pour tous animé par David

Je vais livrer ici comment je vois les choses, une sorte de « chant pour tous » type. Rien ne dit que le prochain ressemblera à celui-ci…

Comme le mouvement est large, chacun à sa façon s’approprie le chant pour tous. Voici comment personnellement je m’y prends, suite à la pratique que j’en ai eue sur Lyon, à mon expérience et aux conseils avisés de Gaël au moment ou j’ai souhaité me lancer sur Nantes.

Pour moi, le chant pour tous est un instant de partage, où le lâcher prise est de mise et la bienveillance au cœur du moment.

Avant un chant pour tous, j’essaie de me centrer sur moi, de m’apporter de l’auto-empathie, de me relaxer pour être hyper disponible pour chacun (j’essaie hein…). Je me suis formé à la communication non violente et cela m’a beaucoup servi pour l’animation des chants pour tous.

Arrivée autour d’un repas partagé

Je propose à chacun d’apporter un petit met à partager. Cela permet un premier échange, facilite la rencontre. Ça induit aussi une certaine souplesse dans l’horaire pour les arrivées tardives sans que le groupe n’en soit tributaire.

C’est l’heure ? Allez hop, je propose qu’on pousse les tables, les chaises et on se met debout en cercle.

Présentation du cadre

On se met en cercle pour que chacun puisse se voir, ça permet aussi et surtout une forme d’égalité les uns envers les autres.

Ensuite je présente le chant pour tous en rappelant les 4 accords (vocal & corporel, improvisé, gratuit, ouvert à tous) puis je présente très brièvement la soirée : « on va chanter en improvisant sous différentes formes que je vous expliquerai au fur et à mesure (histoire de rassurer). La proposition c’est d’être avant tout dans l’écoute ce soir, s’écouter soi et les autres. »

Je pose un cadre : « il est 20h30, je propose une fin officielle à 23h. Est-ce que c’est confortable pour tous le monde ? » ça permet à une personne qui a une limite/un impératif de l’annoncer au groupe pour que celui-ci ne soit pas par la suite dérangé du départ prématuré de celle-ci.

Cercle météo : chacun son tour va donner son nom et le sentiment qui l’habite sur l’instant. Ça permet à chacun d’entrer en connexion avec l’autre, de savoir où il se situe.

Échauffement

Comme le dit Gaël dans son guide : « Si vous faites un échauffement, ne vous prenez pas la tête, il s’agit surtout d’un « rituel de transition » et l’impact sur la voix est souvent plus psychologique qu’autre chose »

Corporel

Je commence toujours par demander aux participants si quelqu’un a un échauffement corporel à proposer. Si personne ne répond positivement je me lance :

On rapproche le cercle, on se tourne à 45° vers son voisin et on va se donner de l’amour en se massant. Je guide le massage en indiquant les zones ou je suis personnellement pendant le massage. Peu de gens massent ou ont l’habitude de se faire masser, ça peut être risqué comme entrée en matière, il y a parfois quelques rires que je ressens comme des gênes mais après ce petit moment à recevoir de l’attention et à en donner, déjà l’ambiance à changé. A la fin du massage je propose que chacun se retourne vers « son masseur » et le remercie par les yeux.

Crédit : lib.qigong-zhen-pai.com
Crédit : lib.qigong-zhen-pai.com

On se replace en cercle les bras le long du corps. On prends une grande inspiration, puis en expirant, penchez la tête en avant pour toucher la poitrine avec le menton (voir ci-contre L3- 13). Penchez le buste vers le sol en enroulant la colonne vertébrale et rapprochez au maximum le visage des pieds (voir ci-contre L3-14) Tant qu’on est bien on reste comme ça, quand on commence à être dans l’inconfort on remonte doucement la tête se déroulant en dernière.

On déverrouille ensuite les genoux, la mâchoire, on ferme les yeux afin de prendre un instant pour profiter de ce qui vient de se passer. A cet instant l’attention est grande. J’en profite pour proposer à chacun de « se connecter à son intention et de prendre la responsabilité de passer un bon moment ». A ce moment je me sens très souvent soulagé de cette responsabilité. Je propose aussi, de « laisser les jugements (négatif & positif) de côté et d’être dans la bienveillance, dans l’instant » j’en profite pour rappeler qu' »il n’y a donc pas, ce soir, de bon ou de mauvais chanteur et qu’aucune performance artistique n’est attendue de cette soirée »

On se réveille en mettant en mouvement les doigts, les oreilles, les bras, les coudes, les épaules, les genoux, le bassin et la tête dans une danse burlesque. On termine en sautant et en émettant des sons pour faire monter le tonus.

Vocal

Je demande si quelqu’un à une proposition d’échauffement vocal, sinon je propose :

Quelqu’un se rend au milieu du cercle, bouge, danse & les autres posent des sons sur ce qu’il voient.

Ensuite nous allons activer les pieds, je propose une pulsation que tous le monde reprends avec ses pieds (droite/gauche) et là on va faire un tour de cercle ou chacun va devoir donner son prénom en chantant, le groupe répète ensuite. Je donne un exemple avec mon prénom (sur 4 temps par exemple) que le groupe répète et hop au suivant. Ici pas besoin de spécifier le nombre de temps, ça se fait naturellement et si ça change en route tant pis.

Au bout d’au moins 2 tours, quand c’est normalement à moi, je vais au milieu & faire un circle song avec la même pulsation sans autres transition.

Circle song

Le premier circle song est terminé, je retourne dans le cercle et annonce que « ceci était un circle song » je propose à qui le souhaite d’essayer en allant au milieu.

Surtout à mon 1er chant pour tous, vu que personne autour du cercle n’avait jamais fait de circle song, je me suis dit qu’il y avait des chances pour que personne ne manifeste d’élan à ce moment là. Mais finalement si, après un joli blanc, quelqu’un est venu s’y essayer. (mon plan B c’était : on passe à la suite tan pis, on y reviendra si l’envie leur prend)

A la fin de chaque cercle, je demande à la personne comment ça c’est passé pour elle, comment elle se sent dans l’instant.
Les retours sont souvent très positifs et encouragent les suivants à franchir le pas.
J’encourage à parler en « je » (et non en « on ») pour les retours afin d’inviter la personne à prendre la responsabilité de ce qu’elle vit.

Les petits conseils à émettre pour encourager à aller au centre :

  • Prendre son temps quand vous êtes au milieu
  • Ne pas avoir quelque chose dans la tête avant d’avancer
  • C’est le premier pas le plus dur (c’est complètement vrai)
  • Demande « Que toutes les personnes qui ont peur mais envie lèvent la main »

Impro en petit groupe

Je propose ensuite de passer à des improvisations en petits groupes. Tous le monde s’assoit. 3, 4, 5 personnes se lèvent quand elles en ont l’envie pour chanter au centre.

Petite pause

De nouveau des impro en petit groupe suivant le temps qu’il reste.

Impro collective

J’énonce des règles pour que les improvisations collectives se passe au mieux :

  • Chacun rejoint l’impro quand il le sent et n’est pas obligé d’y entrer ;
  • On commence par un tempo battu dans les pieds qui sera commun mais qui peut évoluer ;
  • Éviter de taper dans les mains, taper simplement avec un doigt sinon ça couvre toutes les voix ;
  • Quand quelqu’un propose un motif, on tâche de ne pas le laisser seul (déplacement dans l’espace possible). Cela va donc créer des petits groupes de personnes chantant le même motif.
  • Pas plus de 7 motifs différents
  • Une personne dans un groupe peut mettre fin au motif ou le faire évoluer ;
  • Les solos se font au centre du cercle ;
  • N’importe qui peut mettre fin à l’improvisation en le signifiant à l’ensemble du groupe par un geste ;
  • Pour finir la règle ultime : toutes ces règles sont transgressibles (c’est même encouragé)

Fin

Gros câlin collectif, on range et au dodo !

Guide pour organiser un chant pour tous

L’un des buts de chant pour tous est de se répandre le plus largement possible. Pour ça il faut avant tout que des gens qui aiment le concept franchissent le pas d’organiser et/ou d’animer leur propre chant pour tous. A l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes encore peu nombreux à animer… j’en connais pourtant plus d’un qui aimerait qu’il y ait des chants pour tous dans sa ville ou son village, ou même qu’il y en ait davantage à Lyon ou partout où nous sommes déjà installés. Mais j’entends souvent ces gens-là dire qu’ils ne se sentent pas capables ou pas prêts. Voici donc un « guide » qui les aidera, je l’espère, à réaliser que tout comme pour diriger une CircleSong ou participer à une improvisation collective, il suffit de surmonter ses peurs, se lancer, et le reste suivra !

Etape n°1 : Réaliser qu’il n’est pas nécessaire de s’appeler Bobby McFerrin pour animer un chant pour tous

Vous n’avez pas une grande expérience du chant improvisé, voire presque pas ? Vous n’avez jamais animé un échauffement vocal, jamais dirigé une CircleSong ou jamais encadré un groupe ? Peu importe. Les gens ne viennent pas à un chant pour tous pour écouter vos magnifiques improvisations, sinon ils iraient à un concert ; ils viennent pour chanter, tout ce dont ils ont besoin est que vous leur fournissiez le lieu et le cadre pour pouvoir se lâcher. Un chant pour tous n’est pas un atelier, l’animateur n’a pas besoin d’enseigner ou de transmettre quoi que ce soit, il sert simplement de médiateur. Ne pas être sûr de soi peut même avoir des avantages ! Si votre voix fait rêver tout le monde, vous placerez la barre très haute et les gens hésiteront peut-être à passer après vous car ils auront peur de ne pas faire aussi bien. Tandis que si l’animateur lui-même a un peu peur et ose « se tromper », les novices se sentiront plus proches de lui et verront qu’ils n’ont aucun complexe à avoir. Si vous avez déjà participé à un chant pour tous, vous avez probablement compris que le premier but n’est pas de faire des improvisations artistiquement accomplies, mais d’oser créer et chanter ensemble, tel qu’on est, sans exigence ni jugement ; la même chose s’applique à l’animateur. Alors si vous en avez envie, mettez de côté votre perfectionnisme et votre peur de l’échec de côté, et allez-y !

Etape n°2 : Trouver un lieu

La seule et unique chose matérielle dont vous avez besoin est un lieu adapté. Ce lieu doit être mis à disposition gratuitement pour ne pas avoir à faire payer qui que ce soit (à moins que vous ne soyez prêt à payer de votre poche pour offrir un bel espace, mais tout le monde ne peut pas se le permettre), relativement silencieux pour pouvoir chanter dans les meilleures conditions, isolé pour ne pas déranger le voisinage, assez grand pour accueillir au moins une dizaine de personnes, et accessible pour ne pas que la distance décourage trop de participants.. Réunir ces cinq conditions n’est malheureusement pas toujours facile.

  • Un espace privé peut être une solution très pratique, si vous connaissez quelqu’un qui possède par exemple un grand salon et qui accepterait de le prêter.
  • Un espace culturel ou associatif offre souvent les meilleurs lieux, généralement spacieux et bien situés. Le problème est de trouver une structure qui accepte de prêter ses locaux gratuitement. Une MJC, un bar associatif ou une école artistique sont des exemples de structures susceptibles d’accueillir volontiers un chant pour tous. Si l’événement est un succès, il se peut même qu’on vous y accueille régulièrement par la suite. Si vous démarchez ce genre de structure, veillez bien à discuter en long et en large avec le responsable de tous les détails nécessaires, de façon à éviter tout malentendu par la suite. Montrez que vous ferez très attention aux limites éventuelles du nombre de participants, aux horaires, à la propreté, etc.
  • Un espace public, par exemple en extérieur durant la la belle saison, peut également offrir un cadre formidable, à condition d’être assez accessible et silencieux. Attention aux bruits de circulation ou toute autre nuisance sonore qui peuvent complètement ruiner l’écoute nécessaire au bon déroulement d’un chant pour tous. Un bon lieu public devrait soit avoir une bonne acoustique naturelle (par exemple sous une arche ou encadrés de murs réfléchissant le son), soit être complètement silencieux (éviter absolument tout trafic de voitures, trop grande affluence de promeneurs, feuillages particulièrement animés par le vent, etc). La question de la météo est également à prendre en compte, en prévoyant par exemple un plan B pour le lieu ou pour la date, et en prévenant bien tout le monde.

Etape n°3 : Caler une date

Si vous organisez le chant pour tous en partenariat avec une MJC ou autre espace culturel, vous n’aurez pas forcément le choix de la date et de l’horaire, mais si vous l’avez, faites attention aux points suivants. Evitez évidemment les journées en semaine ; à priori pas avant 19h si vous faites un chant pour tous en semaine, voire plutôt 20h-21h. En règle général, il me semble que les gens se déplacent plus difficilement avant 20h30. Le vendredi soir ou samedi soir est un bon créneau, à condition qu’il n’y a pas trop d’autres évènements alléchants en même temps. Le samedi ou le dimanche matin ou après-midi peuvent aussi fonctionner.

Surtout, ne prévoyez pas une date trop proche. Si vous vous y prenez moins de trois semaines à l’avance, il est fort possible que beaucoup de gens aient déjà prévu quelque chose ce jour-là.

Ne vous prenez pas trop la tête non plus… plusieurs organisateurs de spectaclem’ont dit qu’ils n’avaient jamais vraiment trouvé de logique au fait que les gens se déplacent en beaucoup plus grand nombre certains soirs plutôt que d’autres.

Etape n°4 : Communiquer

Le lieu est trouvé, la date est calée, il ne reste plus qu’à communiquer l’information le plus largement possible, et c’est ça qui déterminera le plus l’affluence. Pas trop tôt (ça ne servira pas à grand chose si vous communiquez six mois à l’avance) ni trop tard (pas moins de trois semaines pour la première vague, plutôt un mois ou un mois et demi). Pas besoin de vous casser la tête à faire une belle affiche ou trouver une accroche originale, ce qui compte c’est que les infos essentielles soient là : le lieu, l’adresse, la date, l’heure (un conseil important au passage, annoncez toujours 20h30 si vous voulez que les gens soient là pour 21h00), un mail ou un téléphone pour vous contacter si besoin, une phrase ou deux pour que les gens aient au moins une vague idée de ce dont il s’agit, et éventuellement un lien internet pour en savoir plus.

Le site chant pour tous est là pour vous aider à communiquer, dans le menu en haut à droite, en étant connecté à votre compte vous pouvez facilement créer un événement ! L’événement sera d’abord soumis à modération si c’est votre première fois, puis sera publié rapidement. Vous pourrez ensuite le modifier si besoin, y gérer les réservations si vous choisissez d’utiliser le système intégré au site (qui permet aux utilisateurs de réserver en un clic et qui vous permet facilement d’éditer une liste d’inscrits, d’ajouter ou supprimer des inscriptions et d’envoyer des messages à tout le monde par exemple en cas d’imprévu), faire connaître votre initiative à toute la communauté et centraliser vos informations sur un site référencé qui aidera vos futurs participants à comprendre de quoi il s’agit. Vous pourrez également recevoir de l’aide des animateurs aguerris, des conseils, utiliser le logo et les vidéos dans votre communication privée, etc.

Puis communiquez aussi largement que possible, par mail (n’ayez pas peur du spam, il vous suffit d’indiquer aux gens qu’ils n’ont qu’à vous le signaler s’ils ne veulent plus recevoir votre com par rapport à ce sujet), par bouche à oreille, sur Facebook si vous l’utilisez, etc. Et si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté, n’ayez surtout pas peur de renvoyer l’info tous les deux ou trois jours, c’est souvent comme ça que ça marche.

Etape n°5 : Ne pas avoir d’attente particulière

Le jour J, soyez aussi ouvert que possible à l’imprévu ! Peut-être que plein de gens vont annuler, que vous allez vous retrouver à 7 ou 8 alors que vous en attendiez 20, peut-être que l’ambiance va être très calme et posée alors que vous espériez quelque chose de fun et dynamique, ou au contraire peut-être les gens vont-ils délirer et partir dans tous les sens alors que vous vouliez qu’ils soient concentrés et attentifs. Ce ne sera un problème que si vous avez des attentes et que vous vous y accrochez. On ne peut jamais prévoir à quoi va ressembler un chant pour tous ou une improvisation collective, et tant mieux !

Conseils en vrac

  • Vous avez très envie d’organiser l’événement mais l’animation vous fait vraiment trop peur ? Contactez un ou plusieurs animateurs réguliers et demandez-leur s’ils seraient disponibles et sous quelles conditions. Certains peuvent avoir des préférences (peut-être un certain nombre de personnes minimum, un lieu pas trop loin de chez eux, etc), mais ils ont tous pour point commun la passion du chant et du partage et ils préfèrent généralement chanter et animer que chercher un lieu et communiquer via internet, ils seront donc souvent ravis que quelqu’un leur propose d’organiser un événement et de leur confier l’animation. Attendez-vous juste à ce qu’ils vous disent que la prochaine fois ce serait génial que vous animiez vous-même !
  • Si vous animez, appropriez-vous l’animation ! Chant pour tous n’a que quatre « règles », il faut que l’évènement soit gratuit, ouvert à tous, entièrement improvisé et entièrement vocal et corporel. En dehors de ça, vous pouvez faire absolument ce que vous voulez ! Vous pouvez organiser un évènement précisément structuré par différentes étapes, jeux et formes successives, empruntés ou inventés, tout comme vous pouvez opter pour un format extrêmement minimaliste, par exemple en exposant les quatre accords avant d’annoncer « et maintenant on improvise ! », assis par terre en buvant de la bière. Ou bien vous pouvez demander leurs envies aux participants et créer le déroulement avec eux. Tout est possible, n’hésitez pas à expérimenter !
  • Soyez bienveillant ! A mon avis toute critique est à éviter, les gens se lâcheront beaucoup plus facilement s’ils se sentent accueillis et soutenus. Encouragez-les, souriez-leur, montrez-leur que vous êtes de leur côté.
  • Allez-y doucement avec les appréciations, même positives… ça se discute mais pour moi un chant pour tous n’est pas un atelier d’apprentissage ; les gens ne sont pas forcément là pour apprendre et ne recherchent pas forcément le même résultat, sans parler du fait que certaines personnes ont tellement de mal à lâcher-prise que la moindre évocation qualitative stimule leur propre auto-jugement. Un commentaire comme « c’était vraiment beau » ou « super improvisation » implique qu’il puisse y avoir quelque chose de « moche » ou de « nul ». Or j’ai l’impression que la peur de « se tromper » ou de « mal faire » est le plus gros obstacle à la créativité et au partage…  Et même sans ça, objectivement il n’existe rien de « moche » ou de « nul », il n’y a que des choses qu’on aime et des choses qu’on n’aime pas, ce sont des préférences ; même les choses mesurables comme être en rythme ou chanter juste restent des préférences, personnellement je préfère que quelqu’un chante faux plutôt qu’il ne chante pas.
  • Si jamais le chant pour tous a lieu par exemple dans un appartement en mode « relax », il est généralement utile de fixer un accord de groupe qui veille à ce que les conversations ne prennent pas le pas sur le chant, par exemple en prévoyant une pièce pour le chant et une autre pièce pour discuter, ou bien en demandant que les conversations s’arrêtent dès que quelqu’un se met à chanter.
  • Si vous faites un échauffement, ne vous prenez pas la tête, il s’agit surtout d’un « rituel de transition » et l’impact sur la voix est souvent plus psychologique qu’autre chose. Si vous manquez d’idées vous pouvez commencer par préparer le corps avec par exemple des étirements ou de la relaxation, puis échauffer la voix avec des sirènes en « brrr », des phrases improvisées en question/réponse, etc…
  • Si vous avez peur de faire votre première CircleSong (c’est presque toujours mon cas), rappelez-vous qu’étrangement, cela fonctionne 99% du temps ! Si vous n’avez pas l’habitude, faites juste attention à bien marquer la pulsation, par exemple en la faisant frapper avec les pieds par tout le monde, ou indiquez clairement le rythme d’une manière ou d’une autre, le manque de référence rythmique étant la seule chose qui fait parfois qu’une CircleSong ne tourne pas comme on l’aurait souhaité.
  • Si vous n’êtes pas content de votre première CircleSong, n’hésitez pas à enchaîner avec une deuxième avant de passer la main !
  • Si vous passez la main , inutile de se lancer dans de grandes explications sur comment diriger une CircleSong, quelques mots suffisent, parfois je me contente même de dire « à votre tour »… il y a toujours un silence particulier à ce moment-là ! Ne pas paniquer, ni avoir peur du silence, il y a toujours quelqu’un qui finit par se décider. Si ce n’est pas le cas, il suffit généralement de quelques encouragements. Il peut par exemple être utile de dire aux gens qu’on a surtout peur avant de se lancer, mais que c’est génial dès qu’on y est (ce qui est vrai dans le grande majorité des cas). C’est extrêmement rare qu’une CircleSong se passe d’une manière qui crée de la déception, même avec les grands débutants, mais si c’est le cas, ne pas hésiter à rejoindre le leader pour le rassurer et « recaler » ce qui cloche. La plupart du temps il n’y a rien de particulier à faire ou à dire, tout se passe naturellement bien.
  • Si vous faites faire des improvisations collectives entièrement libres, évitez les groupes trop nombreux (à partir de 6 c’est beaucoup plus dur de s’écouter) et les improvisations trop longues (souvent, si ça se passe bien et qu’on n’a pas parlé de durée, les improvisateurs perdent la notion du temps et peuvent facilement improviser plus 10 minutes, ce qui peut être très long pour certains spectateurs qui meurent d’envie de se lancer à leur tour).
  • Si vous faites une improvisation libre en grand groupe, démarrez à quelques-uns et invitez les autres à vous rejoindre un par un (pas trop « en bloc »). Quand le groupe est nombreux, l’impro passe quasiment toujours par une phase assez étrange où on ne comprend plus grand chose… mais si on s’accroche assez longtemps, les gens finissent presque toujours par s’écouter et essayer de chanter ensemble, souvent pour finir en beauté. Il peut tout de même être utile de dire avant l’impro qu’à partir d’une dizaine de chanteurs, si tout le monde chante une partie différente, ce sera très chargé, et qu’il est préférable de se rejoindre en choeur ou en harmonie sur les parties qui nous plaisent le plus.
  • Enfin, essayez surtout de ne pas vous mettre la pression et rappelez-vous pourquoi vous faites ça, reliez-vous à votre plaisir de chanter, à votre envie de partage, tout part de là et on l’oublie trop souvent !

Et si ce guide ne vous suffit pas et que vous avez envie de vous lancer mais que vous avez besoin de soutien, n’hésitez pas à me contacter.