A Liège, nouveau départ !

… Que de belles nouvelles pour Chant pour Tous / Liège !

  • Tout d’abord, la dernière session du 10 février dernier au CPCR fut réjouissante, nous étions plus de trente dans une salle encore non étrennée par Chant pour Tous en une douce fin d’après-midi… Détente, circle song très inspirés, et quelques impros à 5 pour finir. Pas de vidéo ni de bonnes photos malheureusement, voici donc quelques humbles clichés téléphoniques !
  • C’est désormais officiel, Chant pour Tous devient régulier au CPCR, en Jonruelle (St Léonard) !

    Ce sera désormais un samedi par mois (sauf exceptions…) en fin d’après-midi, dans cette nouvelle salle bien insonorisée…  A vos agendas, voici donc les prochaines dates !

    samedi 10 mars, de 17h à 19h30

    samedi 7 avril, de 16h30 à 19h

    samedi 5 mai, de 17h à 19h30

    samedi 2 juin, horaire à reconfirmer

Nous continuons de procéder par réservations (pour l’instant fixé à 35 places, mais si besoin, nous pourrons demander la plus grande salle) et nous vous annonçons également que les Chant pour Tous commenceront désormais A L’HEURE !! pour profiter au mieux des séances. Le CPCR sera donc ouvert chaque fois 15 minutes avant le début, pour vous permettre d’arriver tranquillement…

  • Enfin, vous avez remarqué que nous parlons au « nous », car comme annoncé samedi dernier, nous serons désormais 2 animatrices à animer les Chant pour Tous sur Liège ! Julie Mottet, chanteuse et animatrice d’ateliers sur la région de Liège, rejoint les rangs au grand bonheur du mouvement ! Et hop, deux Julie pour le plaisir d’une 🙂

On se retrouve donc samedi 10 mars, n’oubliez pas de ramener vos grandes cousines par alliance !

Au trèèèèès grand plaisir de chanter ensemble !

Ju – Ju

« CircleSongs Lyon #2 » 02/02/18

Plus de 110 personnes ce vendredi 2 février à la MJC Jean Macé pour ce deuxième chant pour tous 100% CircleSongs !

Nouvelles règles du jeu… Il y a une peluche. La personne qui a la peluche peut conduire le cercle à sa guise, que ce soit par exemple en venant arrêter ce qui était en train d’être chanté et en redémarrant de zéro (ou non), en enlevant ou en ajoutant une ou plusieurs parties, etc. La peluche peut être laissée par terre et ramassée par quelqu’un d’autre, ou bien elle peut être demandée, donnée ou gardée.
De leur côté, les personnes dans le cercle sont invitées à régulièrement changer de place, par exemple pour aller chanter une partie qui leur plaît beaucoup, ou pour mieux entendre ce qui se chante là-bas, ou pour expérimenter tour à tour l’intérieur et l’extérieur du cercle (je trouve ça hyper différent). Elles sont aussi invitées à inventer et chanter leur propre partie si elles en ont envie, même sans avoir la peluche, en évitant juste de le faire au tout début et à la toute fin des circlesongs quand leur partie risque davantage de gêner l’intention de la personne à la peluche. Invitation aussi à venir vers le milieu du cercle si elles veulent faire un solo (encore une fois même sans la peluche), afin que tout le monde puisse en tenir compte. Et puis bien sûr, invitation à chercher du plaisir, de la fluidité et du confort dans tout ça !

Et je vous laisse regarder la vidéo pour (re)voir un petit peu de ce que ça a donné !

Un grand merci !!

Quelques mots et images du mois de janvier

Ce mois-ci il y a eu des chants pour tous à :
• Nantes
• Lyon
• Dieppe
• Brioude
• Lodève
• Montpellier
• Rouen
• Besançon
• Rennes
• Bruxelles
• Aubagne
• Phnom Penh (Cambodge) !!

Parmi ces lieux, plusieurs proposent désormais des chants pour tous réguliers (Brioude, Lodève, Rennes, Bruxelles) !

Pour d’autres lieux il s’agissait d’un événement exceptionnel dont on ne sait pas encore s’il sera reconduit ou non. On peut notamment célébrer le 1er chant pour tous sur le continent asiatique, à Phnom Penh au Cambodge !!

Les quelques photos que vous voyez dans cet article ont été prises aux chants pour tous de Bruxelles, Aubagne et Lodève. Je voulais aussi célébrer ça parce que ce n’est pas souvent qu’on voit passer autant d’images de tous ces événements ! Ces photos et d’autres ont été partagées dans le groupe Facebook du mouvement, un groupe encore méconnu dont le but est bien sûr de relayer les événements mais aussi les photos, vidéos, témoignages, débats et tout ce qui peut être partagé en lien direct avec chant pour tous.

Le mois de février s’annonce à priori aussi riche que le mois de janvier… Alors au plaisir de voir fleurir tous ces événements, d’improviser ensemble et de se savoir de plus en plus nombreux à le faire !

 

Tournée Chant pour Tous dans les écoles démocratiques de l’agglomération Lyonnaise

Je descends sur Lyon environ tous les deux mois, et j’aime beaucoup y proposer des Chants pour Tous quand j’y suis ! Sauf qu’en hiver, il ne va pas y avoir foule pour venir à un Chant pour Tous le soir en plein air dans un des parcs de Lyon, sous les manteaux et écharpes, et il y paraît que c’est pas terrible de chanter quand il fait très froid (j’ai jamais pensé à vérifier sur quoi cette info est fondée…). Mais je ne m’arrête pas là, et en recherche de lieux pour l’organisation de Chants pour Tous, c’est tombé comme une évidence : les écoles démocratiques !

 

Alors tout d’abord pour ceux qui ne savent pas ce qu’est une école démocratique, je vous invite à regarder cette vidéo qui résume bien ce à quoi ça peut correspondre : TEDx de Ramin Farhangi « Pourquoi j’ai créé une école où les enfants font ce qu’ils veulent », et à faire un tour sur le site de la branche française de l’EUDEC (communauté européenne pour l’éducation démocratique).

Dans l’agglomération Lyonnaise, la première école démocratique a ouvert en septembre 2016, l’école Nikola Tesla, dans le 3e arrondissement. Puis en septembre 2017, trois autres écoles ont ouvert : Horizons à Villeurbanne ; L’envolée à St Cyr au Mont d’Or ; et l’école dé-couverte à Vaugneray.

Certaines de ces écoles permettent à des intervenants extérieurs de faire vivre leurs locaux en dehors des temps scolaires, avec des activités qui correspondent à leurs valeurs.

Je trouve que les Chant pour Tous ont vraiment leur place au sein des écoles démocratiques, car on retrouve entre les deux certains points en commun :
– rien ne nous est imposé, si on veut s’arrêter on s’arrête, si on veut continuer on continue ;
– la recherche d’une atmosphère de confiance, de non-jugement et de bienveillance ;
– pas de hiérarchie entre les participants : ça dépend de comment le chant pour tous est animé, certains animateurs font beaucoup de propositions, d’autres laissent les propositions émerger du groupe… comme dans les écoles démocratiques, chacune fonctionne différemment en fonction des membres et staff de l’école. Mais animateur Chant pour Tous et staff d’une école démocratique sont garants du cadre et sont l’exemple vivant des valeurs véhiculées dans leur structure.

 

Donc au programme fin février, tournée de Chant pour Tous (tous les évènements sont sur le calendrier des Chants pour Tous) :

– École Nikola Tesla (page fb), le lundi 26 février. Accueil à partir de 18h30 pour grignoter ensemble, Chant pour Tous à 19h.

– École L’envolée (page fb), le mardi 27 février. Chant pour Tous à 19h, suivi d’un apéro-dînatoire participatif.

– École Horizons (page fb), le mercredi 28 février. Chant pour Tous à 19h, suivi d’un apéro-dînatoire participatif. Il y aura avant ce Chant pour Tous des portes ouvertes à l’école horizons : évènement fb.

Pensez à vous inscrire, car les places sont limitées !

 

Au plaisir de chanter avec vous,

Nicolas

Vidéo du Chant pour Tous – Liège du 25 novembre 2017

Un mois plus tard…

J’accouche enfin de la vidéo montée du dernier Chant pour Tous mené à Liège, exceptionnellement animé par Gaël Aubrit !

Pour faire bref, ce fut un de ces Chant pour Tous où les boucles vous restent en tête toute la semaine, où le sourire reste accroché toute la soirée, et où l’on n’a plus envie qu’il ne se passe quoi que ce soit d’autre dans la vie que des Chant pour Tous… Si ça vaut pas 10 minutes de vidéo, ça !

Merci encore à tous les participants,

et à très vite pour le prochain liégeois en janvier !

Interview de Gaël sur chant pour tous par Marie-Armelle Bénédicte

J’ai eu la chance d’être interviewé à propos de chant pour tous par Marie-Armelle Bénédicte, pour le blog « Le chant spontané » que vous allez pouvoir découvrir ci-dessous. C’était un plaisir pour moi de partager ma vision des choses sur différents aspects du mouvement, je pourrais vraiment parler de tout ça pendant des heures et des heures… en espérant qu’il y ait des gens intéressés pour m’écouter !

Un grand merci à Marie-Armelle d’aider à faire connaître ce mouvement ! Je vous recommande d’explorer son blog qui contient notamment des articles, idées et conseils très intéressants sur le chant improvisé/spontané.

Et bien sûr je serais curieux de lire en commentaires vos avis sur ce dont on a parlé dans cette interview !

INTERVIEW DE GAËL AUBRIT, INITIATEUR DE “CHANT POUR TOUS”

Satisfaire tout le monde ?

J’ai remarqué, non sans une grande satisfaction, que la liste des valeurs associées à chant pour tous dans la bouche des gens qui viennent m’en parler est longue et diversifiée. Pour parler comme j’aime le faire en termes de besoins auxquels chant pour tous répond, j’ai déjà entendu des besoins (dans le désordre) de partage, de création et de co-création, de célébration, de communion, de connexion, de stimulation, d’inspiration, d’expression, de lâcher-prise, d’apprentissage, d’évolution, de défoulement, de récréation, d’écoute, d’attention, d’harmonie, de spontanéité, de jeu, de rire, d’appartenance, de chaleur humaine, de détente, de bienveillance, de confiance, de contribution, de beauté, de spiritualité, de transcendance, de beauté, et j’en oublie sûrement.

Alors bien sûr un seul chant pour tous ne nourrit probablement jamais tous ces besoins d’un coup et surtout pas chez tout le monde. Je suis toujours très intéressé de constater que différentes personnes viennent à un chant pour tous dans le but (conscient ou inconscient) de nourrir différents besoins. Ainsi une personne qui vient par exemple pour se détendre ou se défouler après une dure journée de travail n’a pas du tout la même motivation qu’un passionné de chant improvisé qui vient en quête d’inspiration.

C’est la raison pour laquelle je me suis toujours refusé à associer « officiellement » une ou plusieurs valeurs à chant pour tous, pour encourager et favoriser ce brassage d’intentions qui me touche profondément. C’était pourtant très tentant au début, de mettre en avant des valeurs qui me sont chères comme l’interdépendance, la bienveillance, l’écoute… mais s’il y a bien une valeur qui me tient à coeur plus que les autres, c’est l’ouverture, l’ouverture à la différence et en particulier à tout ce qui à première vue ne donne pas envie de s’y ouvrir.

C’est cette quête d’ouverture qui m’a conduit, notamment dans le cadre des formations longues en chant collectif improvisé que je donne depuis 2013, à de très inconfortables remises en question sur tout ce qui me semblait « bien » et donc à l’inverse sur ce qui me semblait « mal ». J’ai toujours essayé de tenir un discours du genre « je ne fais que vous proposer des outils et des expériences, ensuite vous en faites ce que voulez »… sauf que j’avais des limites à ce « faites ce que vous voulez ». Je pense notamment à deux choses :

La première était le rythme… j’ai affirmé pendant des années que sauf dans le cas d’une réalisation musicale volontairement arythmique, une pulsation et une mesure rythmique commune était indispensable pour permettre une expérience plaisante pour tous et une réalisation musicale « aboutie » (cette notion d’aboutissement ayant également disparu de mon discours depuis). J’étais très mal à l’aise en cas de décalage rythmique, et très critique envers les musiciens rythmiquement imprécis.

La deuxième était l’intention de faire quelque chose ensemble, impliquant donc une écoute des uns et des autres et une attention particulière à l’élaboration d’une oeuvre collective. Je pouvais être très réactif si quelqu’un me disait par exemple qu’il était là pour se faire plaisir avant tout, et que faire attention aux autres n’était pas sa priorité.

Bon, depuis j’ai réalisé que j’avais moi-même encore beaucoup de chemin à faire dans ces deux axes ! Mais ce n’est pas ça qui en premier m’a fait changer de discours… ce qui m’a fait changer de discours c’est d’abord de longuement discuter avec mes élèves de nos besoins et de nos préférences respectives, et de constater qu’elles ne s’accordaient parfaitement que très exceptionnellement. J’ai réalisé peu à peu à quel point une chose qui nourrit profondément la plupart des gens peut ne pas du tout nourrir d’autres personnes, et surtout pas au même moment. En d’autres termes, rien n’est bon pour tout le monde à tout moment. Donc tout ce qui semble incontournable peut en réalité l’être très joyeusement !

L’improvisation rythmiquement instable peut stimuler un chanteur aguerri en l’obligeant à sortir de sa zone de confort, à s’adapter et ainsi élargir son champ de compétence, comme elle peut rassurer et soutenir un chanteur débutant qui voit ainsi qu’il n’est pas le seul à galérer avec le rythme, que le ciel ne tombe sur la tête de personne, et qu’il est le bienvenu malgré ses limites du moment. Et l’improvisation où plein de gens ne s’écoutent pas les uns les autres et où ils n’ont pas vraiment envie de le faire peut permettre à quelqu’un qui ne chante presque jamais de s’exprimer librement, de se lâcher comme s’il était Michael Jackson et de s’en régaler comme un enfant, comme elle peut permettre à un autre chanteur plus expérimenté d’en faire autant (dans mon expérience ce ne sont souvent pas les chanteurs les plus expérimentés qui se lâchent le plus) ou bien évidemment de cultiver son ouverture d’esprit !

Bien sûr d’un autre côté, l’improvisation rythmiquement instable peut aussi déstabiliser, décevoir, déranger, bloquer… et l’improvisation sans intention collective peut frustrer, gêner, dégoûter… De la même manière que l’improvisation « musicalement aboutie » peut stresser, effrayer, diviser, et l’improvisation où tout le monde essaye d’être ensemble peut également décevoir, frustrer, etc… parce que nous n’avons pas les mêmes besoins au même moment et qu’aucune action ne nourrit les mêmes besoins chez tout le monde.

La part de moi qui cherche toujours à rassembler tout le monde dans un déploiement partagé n’a pas du tout aimé réaliser tout ça ! J’étais un peu désemparé, je ne savais pas comment transformer mon discours et m’adapter à cette nouvelle réalité. Et puis grâce à certains outils de communication (<3 CNV <3), j’ai appris à exprimer mes besoins et mes préférences sans exiger que les autres y répondent et sans leur reprocher de ne pas le faire, j’ai appris à me relier de plus en plus à leurs besoins, leurs préférences, et j’ai appris qu’en prenant le temps de communiquer de cette manière, il y avait de plus en plus souvent de petits miracles qui permettaient au final de satisfaire tout le monde. C’était beaucoup moins confortable pour moi que d’asséner et défendre des règles comme je l’avais toujours fait… mais comme dit un certain auteur, « être heureux n’est pas nécessairement confortable ».

Vaste sujet que je ne fais qu’esquisser ici… mais voilà un peu pourquoi vous m’entendrez rarement associer d’intention particulière à un chant pour tous. Si ce n’est quelque chose comme bienvenue à tout le monde, avec chacun ses envies et ses limites (limites de tolérance ou de compétence), chantons ensemble et on verra bien jusqu’où et comment on arrive à s’accorder ce jour-là !

* Visuel par Julien Montet <3

Besoin d’aide : quels mots vous évoque chant pour tous ?

Lentement mais sûrement, le projet de faire des affiches chant pour tous avance ! On en est à la conception et on a décidé d’exploiter l’idée du bon vieux nuage de tags.
Pour celles et ceux qui ne voient pas ce qu’est un nuage de tags, ça peut ressembler par exemple à ça :

Alors il y a certains mots-clés dont on sait déjà qu’ils seront forcément dans le nuage, comme improvisation, chant, gratuit, ouvert à tous (à voir si on écrit ce dernier comme ça ou si on le tourne autrement)… et je pense aussi notamment à des mots comme voix, circlesongs, Bobby McFerrin, écoute, harmonie, universel, chant spontané, beatbox, percussions corporelles, lâcher-prise, co-création… mais pour faire un beau nuage de tags on aura besoin de beaaaaucoup plus de mots que ça, et pour les réunir on aimerait demander l’aide de tout le monde !

Quels mots aimeriez-vous voir sur cette affiche, qui vous parlent de chant pour tous ? Lâchez-vous, on fera le tri dans un deuxième temps, pour le moment plus on a de mots mieux c’est ! Vous pouvez nous partager les mots qui vous viennent (que ce soit un seul mot ou cinquante) de trois manières :
• en commentaire de cet article,
• en commentaire d’une publication de cet article sur Facebook,
• par mail en écrivant à mail@chantpourtous.com

Je suis personnellement très curieux de lire tous les mots qui vont être proposés !!

Récit d’une CircleSong d’équinoxe

J’ai publié il y a une quinzaine de jours en vidéo un extrait d’une circlesong que j’ai conduite lors du chant pour tous du 22 septembre 2017 à la MJC Jean Macé à Lyon. J’ai reçu beaucoup de retours positifs à propos de cette circlesong, et comme c’était un moment assez spécial pour moi aussi, j’ai eu envie d’écrire cet article pour en dire un peu plus. C’est l’occasion à la fois de remarquer quelques spécificités musicales qui peuvent en intéresser certains (et que certains autres ne s’inquiètent surtout pas si c’est du chinois pour eux, il n’y a pas besoin de comprendre ces choses pour faire de la magnifique musique), et aussi pour une fois de raconter un peu ce qui s’est passé dans ma tête sur le moment.

Alors c’était l’équinoxe d’automne… événement anodin pour la plupart des gens, mais important pour la part de moi qui est restée attachée à l’époque où je faisais du chamanisme. Quand je cherchais à caler les dates pour mes chants pour tous de cette année et que j’ai vu que l’équinoxe tombait un vendredi (mon soir de prédilection pour les chants pour tous), j’étais ravi ! L’heure précise de l’équinoxe était à 22h01… au début j’étais un peu embêté vu qu’en général c’est l’heure où on fait la pause… mais je m’étais dit « bon, on verra bien où ça en est à cette heure-là, et peut-être que je ferai une dernière circlesong avant la pause si je sens l’élan. » A 22h moins des poussières j’ai effectivement senti l’élan et j’ai commencé cette circlesong.

Je n’ai pas mis les premières minutes de la circlesong dans la vidéo car la mise en place a été plutôt lente, mais je vais raconter un peu comment ça s’est passé. Fidèle à ma façon de faire préférée, je ne pense pas à ce que je veux faire et je commence juste à improviser sans intention particulière. La première boucle me vient très vite. J’aime beaucoup cette première boucle et je regrette qu’on ne l’entende pas mieux dans la vidéo ; c’est à 2:14 qu’on l’entend à mon avis le mieux, juste avant que je la fasse arrêter. Elle contient peu de notes différentes et un rythme simple et régulier, typiquement le genre de boucle assez neutre avec laquelle j’aime beaucoup démarrer, pour l’ouverture qu’elle laisse ensuite et l’éventualité de servir de « boucle-charnière » avec laquelle moduler plus tard (ce qui ne sera pas le cas ici). Seule l’articulation est un peu plus riche : « houmatatsouméhi houmatatsouméha ».

Petit solo une fois que cette boucle est en place, qui me conduit rapidement à la deuxième boucle, le « ho(u)mataaaaaaa » avec les notes tenues qui créent les changements d’accords en descendant par demi-ton. Cette boucle a deux particularités. La première c’est qu’elle crée une alternance majeur/mineur, et la deuxième c’est qu’elle tourne sur trois mesures (là où on a plus l’habitude d’avoir des multiples de deux). Ce n’était pas intentionnel, j’ai rarement d’intention de ce genre quand j’improvise, je me laisse chanter et ensuite je remarque (ou pas) qu’il y a une alternance majeur/mineur et que ça tourne sur trois mesures… Et là en même temps que je remarque ça, je me dis aussi « waouh c’est joliiiii », et c’est avec cette pensée que mes ennuis commencent !

En étant touché par la musique qui prend forme et en percevant que beaucoup de gens dans le cercle sont touchés aussi, une part de moi ne trouve rien de mieux à faire que de mettre la pression avec des pensées du type « allez c’est un moment particulièrement précieux, concentre-toi, il faut assurer ! » A ce moment-là je commence à « perdre le flow » par intermittence, c’est-à-dire que cet élan fluide et évident que je sentais au début s’effrite. Je commence à « essayer de faire quelque chose de bien », en suivant ce que me dictent les pensées enthousiastes mais stressées (ou en tout cas stressantes) de la part de moi qui a tellement envie de nous offrir un merveilleux cadeau musical.

Quand la deuxième boucle est en place, je sais immédiatement que je veux l’harmoniser (j’harmonise très souvent les boucles avec des notes tenues, j’adore ça) et ça me vient assez vite. Une difficulté pour les choristes ici… l’harmonie fait doooooooo# doooooooo# réééééééééé# ; deux fois la même note tenue puis une fois la note au-dessus et ainsi de suite… Les choristes n’ont pas l’habitude d’un cycle de trois mesures comme celui-là, ce qui peut amener beaucoup d’entre eux à devoir compter pour s’y repérer, ou au moins garder une attention là-dessus, sans pouvoir donc se lâcher autant que quand la boucle « coule de source » pour eux. Au moment où je leur chante, je leur dis d’ailleurs verbalement « une fois en haut, deux fois en bas » pour les aider, ce que je fais rarement (donner des indications verbales en cours de circlesong).

Ensuite pour la troisième boucle je cherche un peu en suivant une pensée qui me dit de remplir l’espace laissé par la deuxième boucle dans la deuxième moitié de la mesure, comme une réponse. Et là je trouve quelque chose qui me plaît mais qui pose un nouveau problème musical… c’est une partie très simple, une montée et redescente entre le premier et le cinquième degré de la gamme. En mineur… sauf qu’une mesure sur trois on passe en majeur, et qu’à ce moment-là on voudrait donc ajuster la tierce d’un demi-ton. Pas de problème pour quelqu’un qui a l’oreille assez exercée, mais c’est loin d’être le cas de tout le monde ! Je me dis que si j’essaye de donner cette boucle en changeant un demi-ton (et en l’occurrence un demi-ton sur lequel on ne fait que passer rapidement) toutes les trois mesures, je vais y passer cinq minutes pour que ça rentre (si ça rentre). Je n’ai pas envie d’y passer autant de temps, je préfère préserver l’énergie du reste du cercle et conserver mon « rythme de narration »… je donne donc la boucle tout en mineur, sans l’ajustement du demi-ton. Une mesure sur trois ça frotte un peu au passage… bon, de toute façon ça frottait déjà entre la première et la deuxième boucle sur l’accord majeur, ça me gêne à peine. La boucle est simple et elle vient compléter l’arrangement d’une manière qui me plaît beaucoup, elle contribue notamment à me donner une impression de mouvement circulaire bien particulière dans cette circlesong.

Début du nouveau solo ! Je démarre en mode flûte dans les aigus, et là je vois très vite que ce passage majeur/mineur peut être super casse-gueule dans le contexte… j’hésite et je tâtonne un peu pendant vingt secondes, et là c’est le début de la vidéo ! Avec cette première phrase à 0:10 qui descend et que j’aime énormément. Quelques secondes après, une pensée me dit « sur ce genre d’ambiance, ce serait trop bien de faire du langage imaginaire ! » et je suis cette pensée. De 0:22 à 0:53, avec la montée en langage imaginaire, le crescendo et le pic d’intensité, j’essaye de faire quelque chose de bien… c’est-à-dire que je fais ce que je pense qu’il serait bien de faire (langage imaginaire, montée progressive, demande de crescendo au cercle, note tenue dans les médium-aigus, etc), et comme presque à chaque fois que je fais ça, « je ne suis pas dedans ». Le résultat vaut ce qu’il vaut (en l’occurrence je me dis que je ne m’en suis pas trop mal sorti, à part la malheureuse attaque de note tenue à 0:43)… mais je n’avais aucun frisson en le faisant et je n’ai aucun frisson en le réécoutant, ça ne me touche pas. J’ai beaucoup hésité à publier cette partie du solo, j’étais tenté de ne faire commencer la vidéo qu’à 0:46… et puis j’ai demandé l’avis de quelques membres d’Improvie qui m’ont chaleureusement encouragé à la publier !

A 1:00 environ, quelque chose bascule en moi, peut-être parce que le « climax » est passé, les pensées qui me suggéraient de faire ceci et cela se dissipent, je retrouve un élan plus spontané, plus évident, même si quelque chose en moi restera légèrement vigilant jusqu’au bout. De 1:01 à 1:23 je joue au question-réponse avec la troisième boucle, je prends beaucoup de plaisir à faire ça et j’adore en particulier la sensation de mouvement « vaguesque »… que j’exprime beaucoup physiquement !

Puis la demande de decrescendo à 1:29 se fait de manière évidente, et j’enchaîne dans les aigus. Ma manière de chanter ici est très inspirée de Bobby McFerrin, c’est quelque chose que j’adore faire, en particulier à faible volume comme ça. De 1:38 à 1:51 c’est mon passage préférée de la vidéo… Je me souviens du bonheur de chanter cette mélodie sur le moment, cette fois sans aucune question ou auto-guidance en tête, en découvrant juste chaque note à l’instant où je la chante. J’ai tout autant de bonheur à réécouter cette partie, et apparemment il y en a d’autres que ça touche beaucoup, une des membres d’Improvie m’ayant dit « la seule chose que je te reprocherais c’est de ne pas avoir répété ces phrases plus longtemps ». Le « iii » à 1:52 est aussi très goûteux pour moi. J’adore également la manière dont le cercle chante l’arrangement dans cette partie, tout en finesse mais sans perdre en tempo ou en hauteur. Le mélange de tous ces timbres me touche beaucoup, c’est un bon exemple de pourquoi je préfère ne pas séparer le cercle par pupitres.

Je sens que c’est la fin. J’arrête d’abord la troisième boucle et les remercie d’un geste, puis je me tourne vers la première boucle. Je joue quelques secondes avec eux, je fais notamment des bruits de souffle qu’on n’entend quasiment pas dans la vidéo, pour manifester la dimension rythmique que cette boucle m’évoque. Puis je leur demande un decrescendo avant de les arrêter et de les remercier aussi. Je me tourne enfin vers la deuxième boucle harmonisée. Ici j’aurais pu avoir envie de refaire un bout de solo avant de conclure, c’est quelque chose que je fais souvent quand je finis avec ce type de boucle, mais à ce moment-là je n’ai plus de pensées de ce genre, mon attention est essentiellement sur mes sensations et sur mon mouvement spontané. Je continue avec des respirations qu’on n’entend pas bien dans la vidéo. Je me souviens que ces respirations sont très agréables sur le moment, à la fois intenses, vibrantes, et détendues. Je me remets à chanter dans les graves pour soutenir le dernier accord. A la réécoute j’adore le son que fait la petite fille à 2:38 et la manière dont sa voix accompagne les derniers instants ! La fin se fait aussi de manière évidente. C’est typiquement le genre d’impro après laquelle je peux particulièrement savourer un silence de 10-30 secondes sans applaudissement, mais bon, pas cette fois !

A noter aussi que j’ai passé énormément de temps les yeux fermés pendant cette impro, ce qui m’arrive rarement à ce point-là (avoir un contact visuel avec le groupe m’aide généralement à « garder les pieds sur terre »)…

Je suis sorti très paisible et joyeux de cette circlesong, et je suis ravi d’en avoir un souvenir en vidéo ! On est assez loin de mon idéal d’improvisation, que ce soit en termes d’arrangement, de solo ou de présence, mais cette circlesong a un petit quelque chose d’unique, c’était un de ces moments de grâce que je vivrais bien tous les jours !

Pourquoi j’appelle mes événements des « chants pour tous » plutôt que des « circlesongs »

Le mot « circlesong » est utilisé pour définir plein de choses, notamment des événements de type chant pour tous, et ce depuis bien plus longtemps que le premier chant pour tous en 2012 !

« Hier soir je suis allé à un circlesong et c’était trop …(insérer l’adjectif souhaité) ! »

Personnellement (et bien sûr chacun fait bien ce qu’il veut) je choisis de ne pas utiliser ce mot pour parler d’un événement, j’ai envie de clarifier pourquoi dans cet article, et aussi pourquoi j’ai choisi de le remplacer par un nouveau terme.

Tout d’abord, ma définition personnelle du mot circlesong est un chant improvisé le plus souvent par une seule personne, cette personne superposant des boucles vocales en les faisant chanter par différentes sections d’un cercle de personnes, et improvisant éventuellement par dessus. Je considère qu’il s’agit d’une forme musicale. Il existe de nombreuses variantes, mais je m’en tiens généralement à cette définition telle que je l’ai comprise de Bobby McFerrin qui m’a fait découvrir les circlesongs.

Si j’appelle mon événement un circlesong, j’utilise le même mot pour décrire l’événement et une forme musicale qui fait partie de cet événement. Pour moi c’est un peu comme si je n’utilisais qu’un seul mot pour dire « concert » et « chanson ». Ainsi si par exemple quelqu’un me dit « je dirigeais un circlesong et… » je peux me demander s’il me dit qu’il était en train d’animer l’événement ou bien s’il était en train d’improviser au milieu du cercle. Certains se diront peut-être que je chipote, et bien sûr ce n’est pas ça qui va nous empêcher de nous comprendre au bout du compte, mais chez moi cela ne répond pas à un besoin de repère et de clarté.

Ensuite un chant pour tous ne contient pas forcément de circlesong. J’aime distinguer, toujours pour un besoin de clarté, la circlesong (oui je le pense au féminin) de ce que j’appelle l’improvisation libre ou improvisation collective, où chaque personne dans le cercle chante ce qu’elle veut, sans suivre les directives d’une personne en particulier. Pour moi il s’agit d’une autre forme musicale, très différente de la première sous de nombreux aspects.

Les habitués de mes chants pour tous savent que je mélange le plus souvent ces deux formes, circlesongs et impros libres, dans mes événements. Parfois il peut même ne pas y avoir de circlesong du tout. Personnellement j’ai rarement proposé ça, mais je connais plusieurs animateurs qui organisent régulièrement des chants pour tous où il n’y a pas de circlesong, seulement de l’impro libre et/ou d’autres jeux d’improvisation. Cela ne ferait pas sens pour moi d’appeler mon événement un circlesong alors qu’on n’y fait pas (ou pas que), selon ma propre définition, de(s) circlesong(s).

Une autre raison est qu’un chant pour tous est encadré par quatre accords qui lui donnent une identité particulière. Un événement appelé « circlesong » peut par exemple être payant, alors que si vous allez à un chant pour tous, même si celui-ci peut prendre des formes différentes, vous pouvez au moins être sûr que ce sera gratuit, sans pré-requis, 100% improvisé et vocal.

Ici j’aurais envie d’expliquer pourquoi j’ai choisi de nommer et créer un mouvement particulier, plutôt que de simplement proposer mes événements, partager mes vidéos, écrire des articles et encourager les gens à se lancer, sans les quatre accords et tout ça… mais c’est un autre sujet que j’aborderai plutôt dans un futur article !

Pour bien clarifier, je précise que je n’ai pas la prétention d’avoir inventé quoi que ce soit de novateur avec chant pour tous. Je ne considère pas non plus qu’un chant pour tous soit mieux que la plupart des événements, hélas encore trop rares pour moi, de la même famille. Et je bénis toutes les initiatives en lien avec le chant improvisé a cappella antérieures, existantes et à venir… J’apporte simplement ma pierre à l’édifice, et jusqu’ici je suis extrêmement heureux de comment cette pierre semble s’imbriquer avec celles des autres personnes qui ont envie de faire du chant improvisé !

Alors j’ai appelé ça « chant pour tous »… et non, ce nom ne comble pas toutes les parts de moi, pour plusieurs raisons et notamment parce qu’il ne synthétise pas les quatre accords. Il indique que c’est du chant, que c’est pour tous (et donc gratuit), mais il manque la notion d’improvisation. Bon… pas facile de trouver le nom idéal… ce nom-ci me plaît quand même énormément, j’aime sa sonorité et sa simplicité. Et à puis l’époque il est venu sans effort de réflexion, il a tout de suite semblé évident, j’aime faire confiance aux choses qui se passent comme ça.

Voilà pourquoi j’appelle mes événements des chants pour tous ! Je suis ravi et honoré qu’autant de personnes aient adopté ce nom et qu’autant d’autres animateurs se le soient appropriés. Maintenant je ne reprendrais pas quelqu’un qui dit « circlesong » ou autre terme pour parler d’un chant pour tous que j’ai animé, et encore moins d’un autre événement… je vérifierais juste que je comprends de quoi il parle. Chacun ses mots, ses définitions, je préfère apprendre à traduire un langage dans un autre, à relier et comprendre les différences, même si c’est parfois inconfortable et difficile, plutôt qu’essayer d’uniformiser ce qui à mon avis ne peut pas l’être.