Satisfaire tout le monde ?

J’ai remarqué, non sans une grande satisfaction, que la liste des valeurs associées à chant pour tous dans la bouche des gens qui viennent m’en parler est longue et diversifiée. Pour parler comme j’aime le faire en termes de besoins auxquels chant pour tous répond, j’ai déjà entendu des besoins (dans le désordre) de partage, de création et de co-création, de célébration, de communion, de connexion, de stimulation, d’inspiration, d’expression, de lâcher-prise, d’apprentissage, d’évolution, de défoulement, de récréation, d’écoute, d’attention, d’harmonie, de spontanéité, de jeu, de rire, d’appartenance, de chaleur humaine, de détente, de bienveillance, de confiance, de contribution, de beauté, de spiritualité, de transcendance, de beauté, et j’en oublie sûrement.

Alors bien sûr un seul chant pour tous ne nourrit probablement jamais tous ces besoins d’un coup et surtout pas chez tout le monde. Je suis toujours très intéressé de constater que différentes personnes viennent à un chant pour tous dans le but (conscient ou inconscient) de nourrir différents besoins. Ainsi une personne qui vient par exemple pour se détendre ou se défouler après une dure journée de travail n’a pas du tout la même motivation qu’un passionné de chant improvisé qui vient en quête d’inspiration.

C’est la raison pour laquelle je me suis toujours refusé à associer « officiellement » une ou plusieurs valeurs à chant pour tous, pour encourager et favoriser ce brassage d’intentions qui me touche profondément. C’était pourtant très tentant au début, de mettre en avant des valeurs qui me sont chères comme l’interdépendance, la bienveillance, l’écoute… mais s’il y a bien une valeur qui me tient à coeur plus que les autres, c’est l’ouverture, l’ouverture à la différence et en particulier à tout ce qui à première vue ne donne pas envie de s’y ouvrir.

C’est cette quête d’ouverture qui m’a conduit, notamment dans le cadre des formations longues en chant collectif improvisé que je donne depuis 2013, à de très inconfortables remises en question sur tout ce qui me semblait « bien » et donc à l’inverse sur ce qui me semblait « mal ». J’ai toujours essayé de tenir un discours du genre « je ne fais que vous proposer des outils et des expériences, ensuite vous en faites ce que voulez »… sauf que j’avais des limites à ce « faites ce que vous voulez ». Je pense notamment à deux choses :

La première était le rythme… j’ai affirmé pendant des années que sauf dans le cas d’une réalisation musicale volontairement arythmique, une pulsation et une mesure rythmique commune était indispensable pour permettre une expérience plaisante pour tous et une réalisation musicale « aboutie » (cette notion d’aboutissement ayant également disparu de mon discours depuis). J’étais très mal à l’aise en cas de décalage rythmique, et très critique envers les musiciens rythmiquement imprécis.

La deuxième était l’intention de faire quelque chose ensemble, impliquant donc une écoute des uns et des autres et une attention particulière à l’élaboration d’une oeuvre collective. Je pouvais être très réactif si quelqu’un me disait par exemple qu’il était là pour se faire plaisir avant tout, et que faire attention aux autres n’était pas sa priorité.

Bon, depuis j’ai réalisé que j’avais moi-même encore beaucoup de chemin à faire dans ces deux axes ! Mais ce n’est pas ça qui en premier m’a fait changer de discours… ce qui m’a fait changer de discours c’est d’abord de longuement discuter avec mes élèves de nos besoins et de nos préférences respectives, et de constater qu’elles ne s’accordaient parfaitement que très exceptionnellement. J’ai réalisé peu à peu à quel point une chose qui nourrit profondément la plupart des gens peut ne pas du tout nourrir d’autres personnes, et surtout pas au même moment. En d’autres termes, rien n’est bon pour tout le monde à tout moment. Donc tout ce qui semble incontournable peut en réalité l’être très joyeusement !

L’improvisation rythmiquement instable peut stimuler un chanteur aguerri en l’obligeant à sortir de sa zone de confort, à s’adapter et ainsi élargir son champ de compétence, comme elle peut rassurer et soutenir un chanteur débutant qui voit ainsi qu’il n’est pas le seul à galérer avec le rythme, que le ciel ne tombe sur la tête de personne, et qu’il est le bienvenu malgré ses limites du moment. Et l’improvisation où plein de gens ne s’écoutent pas les uns les autres et où ils n’ont pas vraiment envie de le faire peut permettre à quelqu’un qui ne chante presque jamais de s’exprimer librement, de se lâcher comme s’il était Michael Jackson et de s’en régaler comme un enfant, comme elle peut permettre à un autre chanteur plus expérimenté d’en faire autant (dans mon expérience ce ne sont souvent pas les chanteurs les plus expérimentés qui se lâchent le plus) ou bien évidemment de cultiver son ouverture d’esprit !

Bien sûr d’un autre côté, l’improvisation rythmiquement instable peut aussi déstabiliser, décevoir, déranger, bloquer… et l’improvisation sans intention collective peut frustrer, gêner, dégoûter… De la même manière que l’improvisation « musicalement aboutie » peut stresser, effrayer, diviser, et l’improvisation où tout le monde essaye d’être ensemble peut également décevoir, frustrer, etc… parce que nous n’avons pas les mêmes besoins au même moment et qu’aucune action ne nourrit les mêmes besoins chez tout le monde.

La part de moi qui cherche toujours à rassembler tout le monde dans un déploiement partagé n’a pas du tout aimé réaliser tout ça ! J’étais un peu désemparé, je ne savais pas comment transformer mon discours et m’adapter à cette nouvelle réalité. Et puis grâce à certains outils de communication (<3 CNV <3), j’ai appris à exprimer mes besoins et mes préférences sans exiger que les autres y répondent et sans leur reprocher de ne pas le faire, j’ai appris à me relier de plus en plus à leurs besoins, leurs préférences, et j’ai appris qu’en prenant le temps de communiquer de cette manière, il y avait de plus en plus souvent de petits miracles qui permettaient au final de satisfaire tout le monde. C’était beaucoup moins confortable pour moi que d’asséner et défendre des règles comme je l’avais toujours fait… mais comme dit un certain auteur, « être heureux n’est pas nécessairement confortable ».

Vaste sujet que je ne fais qu’esquisser ici… mais voilà un peu pourquoi vous m’entendrez rarement associer d’intention particulière à un chant pour tous. Si ce n’est quelque chose comme bienvenue à tout le monde, avec chacun ses envies et ses limites (limites de tolérance ou de compétence), chantons ensemble et on verra bien jusqu’où et comment on arrive à s’accorder ce jour-là !

* Visuel par Julien Montet <3

Besoin d’aide : quels mots vous évoque chant pour tous ?

Lentement mais sûrement, le projet de faire des affiches chant pour tous avance ! On en est à la conception et on a décidé d’exploiter l’idée du bon vieux nuage de tags.
Pour celles et ceux qui ne voient pas ce qu’est un nuage de tags, ça peut ressembler par exemple à ça :

Alors il y a certains mots-clés dont on sait déjà qu’ils seront forcément dans le nuage, comme improvisation, chant, gratuit, ouvert à tous (à voir si on écrit ce dernier comme ça ou si on le tourne autrement)… et je pense aussi notamment à des mots comme voix, circlesongs, Bobby McFerrin, écoute, harmonie, universel, chant spontané, beatbox, percussions corporelles, lâcher-prise, co-création… mais pour faire un beau nuage de tags on aura besoin de beaaaaucoup plus de mots que ça, et pour les réunir on aimerait demander l’aide de tout le monde !

Quels mots aimeriez-vous voir sur cette affiche, qui vous parlent de chant pour tous ? Lâchez-vous, on fera le tri dans un deuxième temps, pour le moment plus on a de mots mieux c’est ! Vous pouvez nous partager les mots qui vous viennent (que ce soit un seul mot ou cinquante) de trois manières :
• en commentaire de cet article,
• en commentaire d’une publication de cet article sur Facebook,
• par mail en écrivant à mail@chantpourtous.com

Je suis personnellement très curieux de lire tous les mots qui vont être proposés !!

Récit d’une CircleSong d’équinoxe

J’ai publié il y a une quinzaine de jours en vidéo un extrait d’une circlesong que j’ai conduite lors du chant pour tous du 22 septembre 2017 à la MJC Jean Macé à Lyon. J’ai reçu beaucoup de retours positifs à propos de cette circlesong, et comme c’était un moment assez spécial pour moi aussi, j’ai eu envie d’écrire cet article pour en dire un peu plus. C’est l’occasion à la fois de remarquer quelques spécificités musicales qui peuvent en intéresser certains (et que certains autres ne s’inquiètent surtout pas si c’est du chinois pour eux, il n’y a pas besoin de comprendre ces choses pour faire de la magnifique musique), et aussi pour une fois de raconter un peu ce qui s’est passé dans ma tête sur le moment.

Alors c’était l’équinoxe d’automne… événement anodin pour la plupart des gens, mais important pour la part de moi qui est restée attachée à l’époque où je faisais du chamanisme. Quand je cherchais à caler les dates pour mes chants pour tous de cette année et que j’ai vu que l’équinoxe tombait un vendredi (mon soir de prédilection pour les chants pour tous), j’étais ravi ! L’heure précise de l’équinoxe était à 22h01… au début j’étais un peu embêté vu qu’en général c’est l’heure où on fait la pause… mais je m’étais dit « bon, on verra bien où ça en est à cette heure-là, et peut-être que je ferai une dernière circlesong avant la pause si je sens l’élan. » A 22h moins des poussières j’ai effectivement senti l’élan et j’ai commencé cette circlesong.

Je n’ai pas mis les premières minutes de la circlesong dans la vidéo car la mise en place a été plutôt lente, mais je vais raconter un peu comment ça s’est passé. Fidèle à ma façon de faire préférée, je ne pense pas à ce que je veux faire et je commence juste à improviser sans intention particulière. La première boucle me vient très vite. J’aime beaucoup cette première boucle et je regrette qu’on ne l’entende pas mieux dans la vidéo ; c’est à 2:14 qu’on l’entend à mon avis le mieux, juste avant que je la fasse arrêter. Elle contient peu de notes différentes et un rythme simple et régulier, typiquement le genre de boucle assez neutre avec laquelle j’aime beaucoup démarrer, pour l’ouverture qu’elle laisse ensuite et l’éventualité de servir de « boucle-charnière » avec laquelle moduler plus tard (ce qui ne sera pas le cas ici). Seule l’articulation est un peu plus riche : « houmatatsouméhi houmatatsouméha ».

Petit solo une fois que cette boucle est en place, qui me conduit rapidement à la deuxième boucle, le « ho(u)mataaaaaaa » avec les notes tenues qui créent les changements d’accords en descendant par demi-ton. Cette boucle a deux particularités. La première c’est qu’elle crée une alternance majeur/mineur, et la deuxième c’est qu’elle tourne sur trois mesures (là où on a plus l’habitude d’avoir des multiples de deux). Ce n’était pas intentionnel, j’ai rarement d’intention de ce genre quand j’improvise, je me laisse chanter et ensuite je remarque (ou pas) qu’il y a une alternance majeur/mineur et que ça tourne sur trois mesures… Et là en même temps que je remarque ça, je me dis aussi « waouh c’est joliiiii », et c’est avec cette pensée que mes ennuis commencent !

En étant touché par la musique qui prend forme et en percevant que beaucoup de gens dans le cercle sont touchés aussi, une part de moi ne trouve rien de mieux à faire que de mettre la pression avec des pensées du type « allez c’est un moment particulièrement précieux, concentre-toi, il faut assurer ! » A ce moment-là je commence à « perdre le flow » par intermittence, c’est-à-dire que cet élan fluide et évident que je sentais au début s’effrite. Je commence à « essayer de faire quelque chose de bien », en suivant ce que me dictent les pensées enthousiastes mais stressées (ou en tout cas stressantes) de la part de moi qui a tellement envie de nous offrir un merveilleux cadeau musical.

Quand la deuxième boucle est en place, je sais immédiatement que je veux l’harmoniser (j’harmonise très souvent les boucles avec des notes tenues, j’adore ça) et ça me vient assez vite. Une difficulté pour les choristes ici… l’harmonie fait doooooooo# doooooooo# réééééééééé# ; deux fois la même note tenue puis une fois la note au-dessus et ainsi de suite… Les choristes n’ont pas l’habitude d’un cycle de trois mesures comme celui-là, ce qui peut amener beaucoup d’entre eux à devoir compter pour s’y repérer, ou au moins garder une attention là-dessus, sans pouvoir donc se lâcher autant que quand la boucle « coule de source » pour eux. Au moment où je leur chante, je leur dis d’ailleurs verbalement « une fois en haut, deux fois en bas » pour les aider, ce que je fais rarement (donner des indications verbales en cours de circlesong).

Ensuite pour la troisième boucle je cherche un peu en suivant une pensée qui me dit de remplir l’espace laissé par la deuxième boucle dans la deuxième moitié de la mesure, comme une réponse. Et là je trouve quelque chose qui me plaît mais qui pose un nouveau problème musical… c’est une partie très simple, une montée et redescente entre le premier et le cinquième degré de la gamme. En mineur… sauf qu’une mesure sur trois on passe en majeur, et qu’à ce moment-là on voudrait donc ajuster la tierce d’un demi-ton. Pas de problème pour quelqu’un qui a l’oreille assez exercée, mais c’est loin d’être le cas de tout le monde ! Je me dis que si j’essaye de donner cette boucle en changeant un demi-ton (et en l’occurrence un demi-ton sur lequel on ne fait que passer rapidement) toutes les trois mesures, je vais y passer cinq minutes pour que ça rentre (si ça rentre). Je n’ai pas envie d’y passer autant de temps, je préfère préserver l’énergie du reste du cercle et conserver mon « rythme de narration »… je donne donc la boucle tout en mineur, sans l’ajustement du demi-ton. Une mesure sur trois ça frotte un peu au passage… bon, de toute façon ça frottait déjà entre la première et la deuxième boucle sur l’accord majeur, ça me gêne à peine. La boucle est simple et elle vient compléter l’arrangement d’une manière qui me plaît beaucoup, elle contribue notamment à me donner une impression de mouvement circulaire bien particulière dans cette circlesong.

Début du nouveau solo ! Je démarre en mode flûte dans les aigus, et là je vois très vite que ce passage majeur/mineur peut être super casse-gueule dans le contexte… j’hésite et je tâtonne un peu pendant vingt secondes, et là c’est le début de la vidéo ! Avec cette première phrase à 0:10 qui descend et que j’aime énormément. Quelques secondes après, une pensée me dit « sur ce genre d’ambiance, ce serait trop bien de faire du langage imaginaire ! » et je suis cette pensée. De 0:22 à 0:53, avec la montée en langage imaginaire, le crescendo et le pic d’intensité, j’essaye de faire quelque chose de bien… c’est-à-dire que je fais ce que je pense qu’il serait bien de faire (langage imaginaire, montée progressive, demande de crescendo au cercle, note tenue dans les médium-aigus, etc), et comme presque à chaque fois que je fais ça, « je ne suis pas dedans ». Le résultat vaut ce qu’il vaut (en l’occurrence je me dis que je ne m’en suis pas trop mal sorti, à part la malheureuse attaque de note tenue à 0:43)… mais je n’avais aucun frisson en le faisant et je n’ai aucun frisson en le réécoutant, ça ne me touche pas. J’ai beaucoup hésité à publier cette partie du solo, j’étais tenté de ne faire commencer la vidéo qu’à 0:46… et puis j’ai demandé l’avis de quelques membres d’Improvie qui m’ont chaleureusement encouragé à la publier !

A 1:00 environ, quelque chose bascule en moi, peut-être parce que le « climax » est passé, les pensées qui me suggéraient de faire ceci et cela se dissipent, je retrouve un élan plus spontané, plus évident, même si quelque chose en moi restera légèrement vigilant jusqu’au bout. De 1:01 à 1:23 je joue au question-réponse avec la troisième boucle, je prends beaucoup de plaisir à faire ça et j’adore en particulier la sensation de mouvement « vaguesque »… que j’exprime beaucoup physiquement !

Puis la demande de decrescendo à 1:29 se fait de manière évidente, et j’enchaîne dans les aigus. Ma manière de chanter ici est très inspirée de Bobby McFerrin, c’est quelque chose que j’adore faire, en particulier à faible volume comme ça. De 1:38 à 1:51 c’est mon passage préférée de la vidéo… Je me souviens du bonheur de chanter cette mélodie sur le moment, cette fois sans aucune question ou auto-guidance en tête, en découvrant juste chaque note à l’instant où je la chante. J’ai tout autant de bonheur à réécouter cette partie, et apparemment il y en a d’autres que ça touche beaucoup, une des membres d’Improvie m’ayant dit « la seule chose que je te reprocherais c’est de ne pas avoir répété ces phrases plus longtemps ». Le « iii » à 1:52 est aussi très goûteux pour moi. J’adore également la manière dont le cercle chante l’arrangement dans cette partie, tout en finesse mais sans perdre en tempo ou en hauteur. Le mélange de tous ces timbres me touche beaucoup, c’est un bon exemple de pourquoi je préfère ne pas séparer le cercle par pupitres.

Je sens que c’est la fin. J’arrête d’abord la troisième boucle et les remercie d’un geste, puis je me tourne vers la première boucle. Je joue quelques secondes avec eux, je fais notamment des bruits de souffle qu’on n’entend quasiment pas dans la vidéo, pour manifester la dimension rythmique que cette boucle m’évoque. Puis je leur demande un decrescendo avant de les arrêter et de les remercier aussi. Je me tourne enfin vers la deuxième boucle harmonisée. Ici j’aurais pu avoir envie de refaire un bout de solo avant de conclure, c’est quelque chose que je fais souvent quand je finis avec ce type de boucle, mais à ce moment-là je n’ai plus de pensées de ce genre, mon attention est essentiellement sur mes sensations et sur mon mouvement spontané. Je continue avec des respirations qu’on n’entend pas bien dans la vidéo. Je me souviens que ces respirations sont très agréables sur le moment, à la fois intenses, vibrantes, et détendues. Je me remets à chanter dans les graves pour soutenir le dernier accord. A la réécoute j’adore le son que fait la petite fille à 2:38 et la manière dont sa voix accompagne les derniers instants ! La fin se fait aussi de manière évidente. C’est typiquement le genre d’impro après laquelle je peux particulièrement savourer un silence de 10-30 secondes sans applaudissement, mais bon, pas cette fois !

A noter aussi que j’ai passé énormément de temps les yeux fermés pendant cette impro, ce qui m’arrive rarement à ce point-là (avoir un contact visuel avec le groupe m’aide généralement à « garder les pieds sur terre »)…

Je suis sorti très paisible et joyeux de cette circlesong, et je suis ravi d’en avoir un souvenir en vidéo ! On est assez loin de mon idéal d’improvisation, que ce soit en termes d’arrangement, de solo ou de présence, mais cette circlesong a un petit quelque chose d’unique, c’était un de ces moments de grâce que je vivrais bien tous les jours !

Pourquoi j’appelle mes événements des « chants pour tous » plutôt que des « circlesongs »

Le mot « circlesong » est utilisé pour définir plein de choses, notamment des événements de type chant pour tous, et ce depuis bien plus longtemps que le premier chant pour tous en 2012 !

« Hier soir je suis allé à un circlesong et c’était trop …(insérer l’adjectif souhaité) ! »

Personnellement (et bien sûr chacun fait bien ce qu’il veut) je choisis de ne pas utiliser ce mot pour parler d’un événement, j’ai envie de clarifier pourquoi dans cet article, et aussi pourquoi j’ai choisi de le remplacer par un nouveau terme.

Tout d’abord, ma définition personnelle du mot circlesong est un chant improvisé le plus souvent par une seule personne, cette personne superposant des boucles vocales en les faisant chanter par différentes sections d’un cercle de personnes, et improvisant éventuellement par dessus. Je considère qu’il s’agit d’une forme musicale. Il existe de nombreuses variantes, mais je m’en tiens généralement à cette définition telle que je l’ai comprise de Bobby McFerrin qui m’a fait découvrir les circlesongs.

Si j’appelle mon événement un circlesong, j’utilise le même mot pour décrire l’événement et une forme musicale qui fait partie de cet événement. Pour moi c’est un peu comme si je n’utilisais qu’un seul mot pour dire « concert » et « chanson ». Ainsi si par exemple quelqu’un me dit « je dirigeais un circlesong et… » je peux me demander s’il me dit qu’il était en train d’animer l’événement ou bien s’il était en train d’improviser au milieu du cercle. Certains se diront peut-être que je chipote, et bien sûr ce n’est pas ça qui va nous empêcher de nous comprendre au bout du compte, mais chez moi cela ne répond pas à un besoin de repère et de clarté.

Ensuite un chant pour tous ne contient pas forcément de circlesong. J’aime distinguer, toujours pour un besoin de clarté, la circlesong (oui je le pense au féminin) de ce que j’appelle l’improvisation libre ou improvisation collective, où chaque personne dans le cercle chante ce qu’elle veut, sans suivre les directives d’une personne en particulier. Pour moi il s’agit d’une autre forme musicale, très différente de la première sous de nombreux aspects.

Les habitués de mes chants pour tous savent que je mélange le plus souvent ces deux formes, circlesongs et impros libres, dans mes événements. Parfois il peut même ne pas y avoir de circlesong du tout. Personnellement j’ai rarement proposé ça, mais je connais plusieurs animateurs qui organisent régulièrement des chants pour tous où il n’y a pas de circlesong, seulement de l’impro libre et/ou d’autres jeux d’improvisation. Cela ne ferait pas sens pour moi d’appeler mon événement un circlesong alors qu’on n’y fait pas (ou pas que), selon ma propre définition, de(s) circlesong(s).

Une autre raison est qu’un chant pour tous est encadré par quatre accords qui lui donnent une identité particulière. Un événement appelé « circlesong » peut par exemple être payant, alors que si vous allez à un chant pour tous, même si celui-ci peut prendre des formes différentes, vous pouvez au moins être sûr que ce sera gratuit, sans pré-requis, 100% improvisé et vocal.

Ici j’aurais envie d’expliquer pourquoi j’ai choisi de nommer et créer un mouvement particulier, plutôt que de simplement proposer mes événements, partager mes vidéos, écrire des articles et encourager les gens à se lancer, sans les quatre accords et tout ça… mais c’est un autre sujet que j’aborderai plutôt dans un futur article !

Pour bien clarifier, je précise que je n’ai pas la prétention d’avoir inventé quoi que ce soit de novateur avec chant pour tous. Je ne considère pas non plus qu’un chant pour tous soit mieux que la plupart des événements, hélas encore trop rares pour moi, de la même famille. Et je bénis toutes les initiatives en lien avec le chant improvisé a cappella antérieures, existantes et à venir… J’apporte simplement ma pierre à l’édifice, et jusqu’ici je suis extrêmement heureux de comment cette pierre semble s’imbriquer avec celles des autres personnes qui ont envie de faire du chant improvisé !

Alors j’ai appelé ça « chant pour tous »… et non, ce nom ne comble pas toutes les parts de moi, pour plusieurs raisons et notamment parce qu’il ne synthétise pas les quatre accords. Il indique que c’est du chant, que c’est pour tous (et donc gratuit), mais il manque la notion d’improvisation. Bon… pas facile de trouver le nom idéal… ce nom-ci me plaît quand même énormément, j’aime sa sonorité et sa simplicité. Et à puis l’époque il est venu sans effort de réflexion, il a tout de suite semblé évident, j’aime faire confiance aux choses qui se passent comme ça.

Voilà pourquoi j’appelle mes événements des chants pour tous ! Je suis ravi et honoré qu’autant de personnes aient adopté ce nom et qu’autant d’autres animateurs se le soient appropriés. Maintenant je ne reprendrais pas quelqu’un qui dit « circlesong » ou autre terme pour parler d’un chant pour tous que j’ai animé, et encore moins d’un autre événement… je vérifierais juste que je comprends de quoi il parle. Chacun ses mots, ses définitions, je préfère apprendre à traduire un langage dans un autre, à relier et comprendre les différences, même si c’est parfois inconfortable et difficile, plutôt qu’essayer d’uniformiser ce qui à mon avis ne peut pas l’être.

1er chant pour tous en région Marseillaise : Circlesongs a La Grange du Clos Ambroise le 6 octobre 2017.

Et bien la voilà, cette 1ère rencontre autour du chant d’improvisation dans le Sud-Est.

Plus d’un an après le stage et ce magnifique Circlesong Lyonnais avec Gaël Aubrit.

Je vous invite donc à s’ébrouer généreusement, chercher ensemble, se tromper joyeusement, en quelques mots;  je vous invite au :

Circlesongs #1 à la Grange du Clos Ambroise à Miramas,

A partir de 18h le vendredi 6 octobre 2017.

Pour les plus motivés d’entre vous qui oseraient faire le déplacement de bien loin, contactez-moi pour un possible logement. Bertrand Roure : gidouilleproduction@gmail.com

Merci de votre inscription sur ce site, merci de votre participation, merci et bienvenue.

Mon premier chant pour tous organisé par moi-même

Bonjour,

Je suis Océanne, après 8 ans de coupure complète avec la musique je me souviens que celle-ci fait partie de moi et que je l’ai négligée pendant bien trop longtemps. Alors je me suis reprise en main et j’ai recherché des activités où exercer ma voix avec plaisir, en groupe et gratuitement. Quel bon lieu que le chant pour tous pour réunir mes besoins. Concrètement j’ai repris le chant début aout 2017 avec les événements réguliers du parc Blandan à Lyon. Puis Claire nous annonce qu’elle part en vacances et qu’il n’y aura plus d’événements réguliers. J’étais bien parti pour les retrouver toutes les semaines ces belles personnes qui me permettaient de chanter. Alors après avoir discuté avec Gaël Aubrit, Nicolas, l’animateur de Rouen et mon for intérieur, j’ai décidé d’organiser le prochain événement en pensant que cela ne devait pas être si compliqué que cela. Et c’est justement parce que ça peut l’être que j’ai décidé de vous parler de mon expérience.

Rdv à 18h, c’est un peu tôt on commencera réellement à 18h30, le temps que tout le monde arrive tranquillement. On ne sera pas nombreuses, oui oui 7 filles, pas de garçon. Puisqu’on a une Polonaise avec nous je traduirais au fur et à mesure en anglais. Après avoir énoncé les accords du chant pour tous, on commencera par un tour de prénom, parlé, chanté puis chanté avec un geste. On enchaîne par des échauffements du corps. On se délasse, s’étire, baille… Je propose un premier échauffement vocal que j’ai fait répéter puis chacune de nous a proposé 4, 5 échauffements à tour de rôle.

On commence avec un circle song que j’ai dirigé pour montrer l’exemple. J’invite les filles à essayer, mais pour l’instant c’est trop compliqué. Alors on en fera plusieurs ensemble où chacune pourra rentrer dans le cercle et proposer une boucle de chant à qui veut afin de chanter tous ensemble avec cette formule. Y’a de belles harmonies, une bonne ambiance, tout le monde est ravie. On continue avec des improvisations cumulatives, on passe un bon moment aussi, mais on n’arrive pas bien à garder le rythme. C’est assez bancal, mais on s’amuse bien.

Il est 19h30, arrivent deux nouvelles femmes dans le cercle. On coupe la dernière improvisation cumulative. Je leur explique rapidement les accords, on refait un tour de prénoms on est 8 à présent. Alors je propose de repasser sur la formule circle song pour que les nouvelles se sentent un peu plus à l’aise avec le principe de nos retrouvailles. J’étais loin de m’imaginer que la session de chant puisse changer d’ambiance aussi vite. Je ne sais pas trop comment vous narrer cela. Je vais essayer d’être concise, et détachée de la situation au maximum.

Concrètement sur les deux nouvelles une n’a jamais fait de chant, l’autre si. La première exprime que c’est assez difficile de répéter les boucles et de gérer son souffle. Je lui explique que cela s’apprend avec du temps et lui conseille de mettre une main sur son ventre pour l’aider à gérer son air. Je la rassure en lui disant qu’elle fait ce qu’elle peut, que le but du jeu est de se faire plaisir. La seconde dit que c’est difficile de chanter ainsi sans s’être échauffé et que c’est violent pour sa voix. Je comprend, lui propose de faire une pause ou de s’échauffer seule plus loin.

Puis on refait un circle song commun, qui je dois l’avouer était plus que bancal. Alors les deux dernières reprennent la parole se plaignant de la difficulté, de ne pas vraiment chanter, de se blesser ce faisant, de ne pas prendre de plaisir. Je leur dis qu’elles peuvent se reposer si elles le souhaitent, que cela fait plus d’une heure que la session a commencé et que je ne peux recommencer des exercices d’échauffements à chaque nouvel arrivant. Enfin celle qui avait déjà fait du chant avoue s’être attendu à une session ressemblant plus à de la chorale avec de vrais chants, de vraies paroles. Je m’excuse et leur explique qu’on n’est pas là pour ça du tout… Puis elles me disent qu’elles veulent chanter, mais pas ce qu’on fait. Alors je leur propose de faire un circle song qu’elles dirigeraient en pensant que comme ça ce serait forcément un cercle qu’elles apprécieraient entendre et chanter. Mais elles n’ont pas vraiment d’idée, ne savent pas comment exprimer leur envie. Alors par simplicité et pas mal d’énervement, elles se retirent de leur propre chef et vont papoter un peu plus loin.

L’ambiance de groupe avait complètement disparu. Pour la retrouver, on essaye plusieurs choses, une improvisation de groupe. Ca sonne bien, mais on a pas le même plaisir. On réessaye un cercle en commun, ça tourne bien, on commence à retrouver le sourire. Pour pallier à la bancalité des rythmes je leur propose un improvisation cumulative avec une thématique: chant birman, d’église, quelque chose avec des sons très longs, très harmonieux, peu de consonnes. On a vraiment produit quelque chose de magnifique ensemble à ce moment-là et l’ambiance a été retrouvée.

20h La nuit est tombée, le vent nous refroidit, les premières arrivées ont commencé à partir au compte-goutte et comme il n’y avait pas beaucoup de gouttes je me suis très rapidement retrouvée avec la Polonaise qui attendait des amies et les deux femmes. L’événement devait durer encore deux heures. J’attendais des copains finissant le travail tard, mais ils ne sont jamais arrivés. Une fois seules avec ces dames nous sommes revenues sur ce qui s’était passé. Je n’avais pas envie qu’elle se fasse une mauvaise idée du mouvement, puis envie de comprendre ce qu’elle recherchait réellement puisqu’elle n’avait pas réussi à l’exprimer. J’ai ainsi réussi à comprendre qu’elles s’attendaient davantage à une chorale, qu’à un cercle d’improvisation. Elles pensaient qu’on pouvait arriver n’importe quand et que cela ne posait pas de problème. En effet, cela habituellement n’en pose pas. C’est le fait qu’elles avaient dans l’idée qu’on recommence la session de zéro à chaque arrivée qui a provoqué cela. Je ne voulais pas l’imposer aux premières venues. Elles pensaient aussi que j’organisais des chants pour tous depuis longtemps et que je débordais d’idées de jeux vocaux, de chansons à apprendre facilement. Alors je leur explique que je refais du chant tout juste depuis un mois que c’est la première fois que je faisais cela à cette place-là. Elles avouent avoir apprécié entendre la session avec thématique, qu’elles auraient bien aimé en refaire une avec nous, mais qu’elles n’ont pas osé revenir. Bref une fois que chacune a dit à l’autre ce qu’elle avait imaginé, ce qu’elle avait compris nous acceptâmes que ce qui s’était passé fût un beau quiproquo. Nous sommes reparties avec remerciements, paix et excuses dans le coeur. Elles ont apprécié que je revienne discuter de tout cela avec elle. J’ai apprécié comprendre ce qu’elles voulaient faire, ce à quoi elles s’attendaient. Et surtout j’avais besoin d’entendre que tout cela ne venait pas de moi et que j’ai fait au mieux dans la situation.

Tout ça pour vous dire que ce n’est pas si simple que cela de savoir gérer un groupe, qu’il est parfois préférable de temporiser avant de s’expliquer avec une personne; qu’il est toujours utile de revenir sur un conflit avec un peu de recul, de la patience et de la bienveillance. Que sur un tel conflit il est nécessaire de comprendre quelles sont les attentes de la personne, de tâcher d’y répondre, mais si ce n’est pas possible lui expliquer pourquoi. Personnellement j’en retire un bel apprentissage. J’ai passé une soirée nuancée entre merveilleuses osmoses, stress incompréhension, désagrément pour revenir à une sensation plus sereine, plus saine. Cela m’a légèrement refroidie. J’ai mis plusieurs jours à me convaincre d’organiser une nouvelle tentative, un nouveau rdv. Et j’ai réussi parce que j’ai vraiment envie de chanter. C’était il y a 5 jours, mon prochain est programmé dans 15 jours histoire de me laisser le temps de revenir sans appréhension. Je ne vous souhaite pas de vivre cela à votre premier événement. J’ai discuté avec Gaël Aubrit, qui m’a dit qu’il n’avait jamais eu de tel rapport, y’a donc peu de chances que ça vous arrive.

1er rassemblement des animateurs

Le WE du 19-20 août 2017 à Lyon a eu lieu le premier rassemblement des animateurs chant pour tous !

Venus de Paris, Marseille, Montpellier, Bruxelles, Liège, Rouen, Crest et Lyon, on était douze à avoir pu participer à ce premier WE. La plupart ne se connaissaient pas encore. On a improvisé, partagé des jeux et exercices, échangé sur nos expériences, questionnements, projets, on s’est fait des câlins, on a ri, bu et mangé ensemble, et on est reparti ravi, inspiré et super motivé pour la suite !

On a voulu filmer une de nos séances d’impro sur la passerelle Masaryk (où on a pris cette photo – cliquez ici pour la voir en plus grand sur FB) pour partager quelques extraits vidéos avec vous tous, mais le vent soufflait très fort et l’enregistrement audio est malheureusement inécoutable… ce sera partie remise pour l’année prochaine, on refera des rassemblements similaires au moins une fois par an. En attendant, tous ces merveilleux animateurs (et tous ceux qui n’ont pas pu venir cette fois) vont continuer à proposer des chants pour tous dans leurs régions respectives, l’aventure continue !

Es-tu certain quand tu chantes avec d’autres personnes que ta voix t’appartient ?

Salut,

J’avais envie de partager ce qui emporte mon enthousiasme dans nos sessions d’impro collective en revenant notamment sur les accords du mouvement. Bon ! cela dit, attention : « Corporel et vocal, ouvert à tous, gratuit et improvisé » sont bien cachés, il te faudra être attentif(ve) lecteur(trice).

Je fais des tas d’emprunt à des gens qui ont cherché plus profondément et avec plus de rigueur que moi et merci à eux de m’inspirer. Ici, « je » « on » ou « nous » c’est moi, ma vision, ma manière de voir et de sentir, je la partage et vous invite à passer un moment dans mes pensées et peut-être à réagir à votre tour.

 

Es tu certain quand tu chantes avec d’autres personnes que ta voix t’appartient ?  ou Qui je suis quand je chante ?

Tu es dans un échange désintéressé où la seule chose qui te différencie de l’animateur, c’est la parole qu’il prend en début de session pour présenter le cadre afin que chacun puisse prendre ses marques et s’investir.

Oui ! Parce que donner de la voix ce n’est jamais évident. Diriger son souffle et y mêler des sons, c’est tout aussi intime que de regarder quelqu’un profondément dans les yeux.

Alors la gratuité pour marquer ce désintéressement. C’est acter l’égale légitimité de tout un chacun à donner de la voix, à s’apprendre parce que la musique c’est une culture immense qui des Jackson five aux Pygmées de l’Afrique centrale, des ouïgours aux aborigènes d’Australie entremêlent des manières de respirer à des façons d’exprimer des sons.

Il y en a tant que l’on devrait plus souvent être reconnaissant envers cette diversité musicale immense plutôt que de s’excuser de lui emprunter ce que nous appelons nos « fausses » notes.

Les sessions d’improvisation collective sont cet espace de liberté où ce chant libre nous invite à la rencontre des autres en allant au devant, peut être, de quelque chose que nous avons tous intimement en commun.

Du coup je me demande pourquoi selon nos scientifiques l’humain a-t-il commencé à chanter et qu’aurait-il chanté la première fois ? quelqu’un à une idée ?.

Continuons !

Plus on est d’humain, plus on se rapproche d’une humanité. C’est à dire de la diversité musicale dont je parlais plus haut (diversités de sentir, de vivre de respirer). Et l’âge de ces humanités nous rappelle parfois ce qu’avec le temps ou l’habitude nous avons égaré. Les plus jeunes nous rappellent notre premier métier : « joueur en tout genre », et les débuts de nos inhibitions. Je me rappelle combien je pouvais jouer des heures sans voir le temps passer. Dans le jeu je m’oubliais et j’étais l’instant et l’instant suivant, au gré de mes improvisations ludiques.

Pour les plus vieux : je vous le dirai quand j’aurai tenté l’expérience  (d’ailleurs si vous avez une expérience de ce genre ça m’intéresse). Si tu ne suis pas, ça  c’était pour l’accord : « ouvert à tous »

Enfin , pour moi « chant pour tous » (et c’est je crois la première fois que j’appelle le mouvement par son nom et c’est à dessein car je pense que sa force c’est de se réduire à une forme simple déclinable à volonté et cohérente) c’est un acte politique contre toute injonction d’efficacité, de résultat, de projection, les sessions ne font pas gagner du temps ni même en perdre elle creusent l’instant, lui donne une profondeur et une épaisseur HUmaine. Le pouvoir de nos voix c’est de nous suspendre. Et pour revenir à la question que je me posais à la moitié de l’article, à savoir quelle était la teneur du premier chant ? Je me plais à croire que tout commença par un cri, de détresse, de joie, ou de peine, mais l’important est qu’il fut repris, traduit, enrichi jusqu’à ce que pousse un chant qui pour notre bonheur nous réunit.

Vive l’improvisation !

H-w

 

Retour sur la session du Chant pour tous à la campagne

Ca a commencé sur les bords d une route
C était histoire de faire du pouce et de se reconcilier avec le hasard.
Arrivé sur les bords de l èvre et rejoins par 24 pouces de Nantes à Angers du plus près au plus éloigné, dans la peine ombre du théâtre et dans un faisceau de lumiere. Petit echauffement, massage et décontraction avant de s’ abandonner aux premieres notes. Les debuts sont toujours merveilleux parce que le corps tremblant la voix est fragile et l’ émotion nous enveloppe. Oh, ce n est pas evident de se plonger dans ce petit bain mais on se rencontre que dans ce chant en cercle qui tourne et qui change constamment de centre. Alors le bain devient fleuve et le courant passe à travers nous, à 14 ou à 3 à 4 et sans filet, les impros en petits groupes ou les voix s entre-visitent. On fini dans un ocean ou tout le bain se deverse ou le fleuve dense en profusion de gouttes, l energie est à son comble. Et on fini sans vraiment s arrêter et on s arrête sans vraiment finir. Ces fins là, c est ce qui nous met en appetit pour une prochaine fois.
ps: prochaine fois le 24 juin au théâtre de l’èvre

 

Qui gouverne chant pour tous, comment fonctionne le mouvement ?

De mon point de vue, un chant pour tous est un jeu (ou un sport si vous préférez). Comme tout jeu, il est régi par des règles et ces règles sont les fameux 4 accords.
Ensuite, il y a des gens qui jouent à ce jeu… certains en invitent d’autres à jouer, certains jouent le rôle de maître du jeu, certains s’impliquent de différentes manières dans le jeu, jouent pour différentes raison, certains se rassemblent en communauté et d’autres non, certains suivent les règles et d’autres non, certains créent des sites internet, des pages Facebook ou des chaînes YouTube autour du jeu, certains ont font leur passion et d’autres sont des joueurs du dimanche.
Et voilà !

Il n’y a donc pas de leader, pas d’association, pas de ligue officielle, ni aucune structure qui centralise officiellement quoi que ce soit. Même ce site, bien qu’il soit actuellement utilisé par la majorité des animateurs et de nombreux participants, n’est qu’un outil mis à disposition par une équipe restreinte de passionnés qui en a la totale responsabilité. Si un autre site similaire voyait le jour, personne ne leur ferait un procès. Toute personne est entièrement libre de fonctionner comme elle le souhaite, seule ou en équipe, en ayant tout pouvoir sur ce qu’elle a elle-même initié.

Pour ma part, je suis un joueur investi à différents niveaux :

  • J’organise et anime des chants pour tous.
  • Je prends des initiatives au service de ma vision du mouvement, par exemple en collectant des fonds pour faire créer et imprimer des affiches que je partagerai ensuite à d’autres animateurs, ou en publiant des vidéos de mes chants pour tous sur ma chaîne YouTube « Chant Pour Tous Lyon », ou encore en écrivant des articles sur ce site.
  • Je m’associe également à certains autres animateurs pour des projets collectifs, comme la création et la gestion de ce site, des chants pour tous co-animés, ou encore des rassemblements d’animateurs. Pour certains de ces projets je sollicite tous les animateurs que je connais (comme pour un rassemblement), tandis que pour d’autres je choisis les personnes avec lesquelles je souhaite coopérer.
  • Je vais parfois à des chants pour tous organisés et animés par d’autres, j’y suis parfois discret, parfois je m’y exprime beaucoup plus.

Tout ça, n’importe qui peut donc le faire ! Après ce serait mentir de dire que je n’ai pas un rôle particulier dans le mouvement… jusqu’à récemment, ce rôle n’était pas clair pour moi. Je me reconnais maintenant comme « personne source » (vous pouvez en savoir plus sur la notion de personne source en regardant cette vidéo). La personne source d’un projet est là pour « alimenter le feu » et pour « définir les prochains grands pas stratégiques »… sauf que le mouvement a été conçu pour ne plus avoir besoin de « grands pas stratégiques » depuis les 4 accords. Tel que je le vois, le mouvement fonctionne en cellules, chaque animateur étant lui-même la personne source de sa cellule. Chaque cellule progresse et évolue par elle-même, et chaque joueur joue exactement comme il aime le faire, en n’offrant ni plus ni moins que ce qu’il veut offrir. Quant aux 4 accords, si un jour ils devenaient un cadre trop petit pour que le jeu continue de s’y déployer, je suis tout à fait ouvert à les remettre en question !

Bon jeu à toutes et à tous !

Lire aussi :
• L’histoire de chant pour tous
• Devenir animateur chant pour tous
• Nous sommes loins d’avoir tout vu